Les Romands favorables à la sortie du nucléaire

VotationLe premier sondage Tamedia donne gagnante, à une faible majorité, l’initiative pour la sortie programmée du nucléaire.

Parmi les arguments principaux des sondés favorables à l’initiative, la dangerosité des centrales nucléaires et le risque d’un accident sont en première ligne.

Parmi les arguments principaux des sondés favorables à l’initiative, la dangerosité des centrales nucléaires et le risque d’un accident sont en première ligne. Image: KEYSTONE

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L’initiative «Pour la sortie programmée de l’énergie nucléaire», qui souhaite débrancher les réacteurs suisses après 45 ans d’exploitation, récolte pour l’instant 55% d’avis favorables contre 43% de non et 2% d’indécis. C’est le résultat d’un premier sondage effectué sur les sites du groupe Tamedia, auquel appartiennent 24 heures et la Tribune de Genève, en vue de la votation du 27 novembre.

Fermer les centrales au cas par cas ?

Parmi les arguments principaux des sondés favorables à l’initiative, la dangerosité des centrales nucléaires et le risque d’un accident sont en première ligne. La deuxième inquiétude réside dans la difficulté à gérer les déchets nucléaires. D’autres estiment encore que, sans limites de temps, la Suisse devra encore attendre des années avant de sortir de l’atome. Du côté des opposants, on souligne que le nucléaire est une énergie propre, tandis qu’une sortie prématurée nous contraindrait à importer du charbon, une énergie «sale». Le camp du non craint également une pénurie de l’approvisionnement et considère qu’une limitation de la vie des centrales n’a pas de sens: leur fermeture doit s’évaluer au cas par cas.

Avis partagés à droite

Du côté de l’appartenance partisane, les avis sont – sans surprise – très tranchés chez les écologistes et la gauche. Les partisans Verts, à l’origine de l’initiative, y sont favorables à 97%. Les socialistes les suivent à 88%, les Vert’libéraux à 85%. Le reste de la droite est un peu plus mitigé sur la question. Les UDC et les PLR mènent le non (respectivement 75% et 65%). Toutefois, une majorité du PBD (58%) et du PDC (54%) soutient l’initiative. Dans le cas du PDC, cela signifie que la base est en contradiction avec les recommandations de la direction du parti.

Les avis diffèrent en outre des deux côtés de la Sarine. En Suisse romande, 63% des sondés se déclarent favorables à l’initiative. Ce score baisse à 55% en Suisse alémaniques et 51% en Suisse italophone. Coordinateur de la campagne romande, Ilias Panchard pense que le succès du texte en Suisse romande résulte d’une campagne bien rodée. «Nous nous sommes bien préparés et multiplions les actions. Cela a dû porter ses fruits», analyse le Jeune Vert vaudois.

55% de oui: un départ modeste

Malgré tout, le départ ne semble pas excellent. En règle générale, les premiers sondages sont très positifs pour les initiatives, puis le soutien descend progressivement à l’approche de la votation. Le oui à 55% semble d’autant plus faible que les Verts ont lancé un appel à leurs partisans à voter pour ce sondage. Cette participation «poussée», révélée en début de semaine par la RTS, visait à influencer cette enquête d’opinion afin d’obtenir une plus forte médiatisation. Lucas Leemann, coauteur du sondage avec Fabio Wasserfallen, assure cependant que les résultats n’ont pas pu être influencés de cette manière. «Nous avons éliminé un tiers des réponses complètes afin de disposer d’un échantillon de meilleure qualité. Vient ensuite un processus de pondération des données en fonction de variables démographiques, géographiques et politiques», explique le politologue.

Faible taux d’indécis

Ilias Panchard reste quant à lui confiant. «C’est plutôt un bon départ au vu du faible taux d’indécis (ndlr: 2%). Et ce, d’autant plus que la plupart des votants se sont déjà prononcés sur la question. Si on arrive à maintenir le cap, cela passera!» Les Suisses ont effectivement déjà voté – et rejeté – plusieurs initiatives antinucléaires en 1979, 1984, 1990 et enfin 2003. Pour Ilias Panchard, l’un des enjeux principaux de cette campagne sera «de faire comprendre que nous ne sommes pas encore sortis du nucléaire. Nous nous sommes rendu compte que beaucoup se sont arrêtés à la décision de 2011, après la catastrophe de Fukushima, et pensent que c’est déjà réglé.» Quelque 19 793 personnes ont participé à ce sondage entre le 17 et le 18 octobre. La marge d’erreur est estimée à environ 1,1%.

Créé: 21.10.2016, 06h50

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