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Les Roms militent pour leur reconnaissance

La communauté organise ce 6 avril des actions à Berne. Elle dénonce les stéréotypes

Stéphane Laederich, directeur exécutif de la Rroma Foundation.
Stéphane Laederich, directeur exécutif de la Rroma Foundation.

«Les gens me demandent souvent si je sais lire et écrire… J’ai été professeur de mathématiques à l’école polytechnique de Paris et dans des universités américaines!» Stéphane Laederich est Franco-Suisse. Mais pas seulement. La famille de sa mère, qui a quitté les pays baltes durant la révolution russe, est de culture rom.

En Suisse, cette communauté regroupe 80'000 à 100'000 personnes. Dans une petite vidéo, ces femmes et ces hommes racontent les stéréotypes dont ils sont victimes. En vrac: «Peux-tu lire dans les lignes de la main?» «Les Roms sont sales et sentent mauvais.» «Hé le gitan, viens-voir, joue-nous de la musique!» «Oh! Il va falloir faire gaffe que rien ne disparaisse chez nous!»

Plusieurs de ces personnes témoignent anonymement. Leur désir? Etre reconnues et respectées dans ce qu’elles sont. «Nous vivons bien en Suisse aussi longtemps que nous ne disons pas que nous sommes roms», explique l’un d’eux. Avant de poursuivre: «On a peur de perdre tout ce qu’on a réussi à obtenir. Le travail, l’appartement, les amis, le statut social.»

Le 8 avril sera la journée internationale des Roms dans le monde entier. En Suisse, la communauté va lever le voile dès le 6 avril. Et participer à une performance artistique nommée «Detox Dance», sur la Waisenhausplatz entre 12h et 13h à Berne. Une table ronde sera ensuite organisée à 18 heures à l’hôtel Kreuz. Une façon, pour eux, de rappeler qu’ils font partie de la Suisse depuis 600 ans et que beaucoup en ont le passeport. «Même si nos ancêtres sont venus d’Inde, la plupart d’entre nous ne sommes pas des gens du voyage», ironise Stéphane Laederich.

Des Roms qui mendient ou chantent dans les transports publics? «Ils existent mais en Suisse, ils sont moins de mille, soit 1% de notre communauté.» Pour raconter sa culture, Stéphane Laederich préfère raconter ses traditions. Comme en Inde, les mariages durent trois jours. A la naissance, les enfants restent un mois avec leur mère avant d’être présentés à la famille, «parce que leur âme n’est pas encore attachée». Et le saviez-vous? Le flamenco est très proche des danses des Roms de Russie.

Ce 6 avril, le Franco-Suisse sera de la partie. Il est le directeur exécutif de la Rroma Foundation, dont le but est de soutenir et défendre les roms dans le monde. En Suisse, l’organisation aide aussi les réfugiés et milite pour une reconnaissance de minorité nationale (lire ci-contre). Même pour Stéphane Laederich, sortir de l’ombre n’a pas été évident. «J’ai décidé de m’engager dans les années nonante, face à la montée des nationalismes, conclut-il. En Suisse, notre situation ne s’améliore pas non plus.»

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