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Ventes d'armesRUAG: le directeur général se dit «déçu»

Urs Breitmeier a nié toute livraison de fusils de précisions ou de caméras high-tech. Le MPC a perquisitionné RUAG la veille pour des ventes d'armes illégales en Russie.

Urs Breitmeier, le directeur général de RUAG, s'est exprimé lors de la conférence de presse bilan à Zurich.
Urs Breitmeier, le directeur général de RUAG, s'est exprimé lors de la conférence de presse bilan à Zurich.
Keystone

Le directeur général de RUAG, Urs Breitmeier, s'est exprimé pour la première fois à l'occasion de la conférence de presse bilan à Zurich pour l'exercice 2017. «C'est une déception et cela ne correspond pas à nos valeurs», a-t-il déclaré vendredi.

Le patron dément la livraison à la Russie par RUAG des fusils de précision ou des appareils de surveillance. «Mais nous avons fait des affaires avec la Russie avant la mise en place de l'embargo. Il s'agissait de livraisons de munitions à la garde présidentielle russe, en petites quantités.»

Urs Breitmeier nie toute lacune dans les contrôles. «Nous choisissons nos collaborateurs très soigneusement et les surveillons également. Même celui est mis en cause était contrôlé conformément aux normes en vigueur.» Il s'est également félicité des structures existantes. «C'est notre bureau de lanceur d'alertes qui a tiré la sonnette d'alarme.»

800 pistolets Sig-Sauer

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a perquisitionné la veille des bureaux de RUAG dans le cadre d'une enquête portant sur des livraisons d'armes illégales en Russie. Selon le Tages-Anzeiger, il s'agit de 800 pistolets Sig-Sauer, de 20 fusils de précision et de caméras high-tech pour les hélicoptères de la présidence russe.

Ces armes étaient destinées au Service fédéral russe de surveillance, ou Federalnaya Sluzhba Okhrany (FSO). Ses membres sont chargés de la protection des plus hautes personnalités politiques russes, dont le président Vladimir Poutine, ainsi que du Parlement.

Des livraisons depuis 6 ans

Les livraisons, estimées à 15 millions de dollars, ont démarré en 2011, à l'insu des employeurs des deux suspects. Le MPC n'exclut pas non plus le versement de pots-de-vin dans cette affaire.

Le principal suspect est un membre de la direction d'Ammotec, la division munitions de RUAG. Il était entré en fonction en 2010 et était proche de la retraite. A la lumière de ces évènements, la Tages-Anzeiger rappelle la démission en septembre 2017 de Cyril Kubelka, qui a dirigé Ammotec pendant 14 ans, se demandant si ce départ est lié au scandale.

RUAG a indiqué avoir immédiatement licencié son collaborateur en raison de ces «faits inacceptables». Son complice chez Julius Baer, qui n'était autre que le responsable de la filiale moscovite, a été suspendu pendant la durée de la procédure. La banque a annoncé avoir lancé une enquête interne et affirmé coopérer pleinement avec les autorités. Un trafiquant d'armes zougois est également impliqué.

Enquête anti-corruption en Russie

Le Contrôle fédéral des finances (CDF) avait déjà estimé en 2017 que RUAG était particulièrement exposé à des risques de corruption, appelant l'entreprise d'armement de la Confédération à entreprendre les réformes nécessaires. «Il est déjà réjouissant que cette affaire a été découverte et fasse l'objet d'une plainte», a souligné le directeur du CDF, Michel Huissoud.

De leur côté, les autorités russes anti-corruption ont également ouvert une enquête. L'employé de Julius Baer à Moscou a déjà été interrogé à la mi-février.

Le MPC a mené jeudi des perquisitions chez RUAG, qui avait déposé plainte, ainsi que l'a révélé la HandelsZeitung. Une enquête a été ouverte pour violation de la loi sur le matériel de guerre et gestion déloyale. RUAG a ensuite précisé qu'en l'état actuel des connaissances, toutes les opérations d'exportations ont été menées conformément aux dispositions légales.

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