Deuxième cas de bagagiste radicalisé à Cointrin

SécuritéUn Français prédicateur autoproclamé et visé par une perquisition dans le cadre de l’état d’urgence a travaillé durant l’année écoulée à l’aéroport de Genève.

Le jeune homme de 26 ans a occupé un poste de bagagiste à Cointrin entre novembre 2014 et avril 2015.

Le jeune homme de 26 ans a occupé un poste de bagagiste à Cointrin entre novembre 2014 et avril 2015. Image: Laurent Guiraud

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Nouvelle révélation. Un Haut-Savoyard visé par une perquisition administrative dans le cadre de l’état d’urgence en France instauré suite aux attentats de Paris a travaillé six mois comme bagagiste à Cointrin, selon nos sources. On n’a pas fini de s’interroger sur les contrôles de sécurité relatifs aux employés de l’aéroport.

Le prédicateur autoproclamé résidant à Marnaz, assigné à résidence le 26 novembre avant d’être placé en détention pour n’avoir pas pointé régulièrement à la gendarmerie, selon Le Temps du jour, inquiétait depuis longtemps les autorités locales. Selon nos sources, les services de renseignements français s’intéressaient à lui et l’avaient fiché depuis peu en raison de son appartenance à la mouvance islamiste radicale. Il s’avère que cet homme de 26 ans a occupé un poste de bagagiste à Cointrin entre novembre 2014 et avril 2015, dans le cadre d’une mission à durée déterminée, pour Dnata. Il s’occupait en particulier des bagages spéciaux, de grands formats. Son comportement n’a, semble-t-il, pas posé de problème.

Le directeur de Dnata à Genève, Guillaume Crozier, ne s’exprime pas sur ce cas particulier mais indique que la société respecte les règlements en vigueur en matière de contrôle du personnel. «Notre entreprise s’engage à 100% avec les autorités locales pour répondre aux exigences de sécurité et les développer.»

Casier judiciaire vide

Au Département de la sécurité et de l’économie (DSE) du canton de Genève, autorité de tutelle de l’Aéroport, on précise qu’«à l’engagement de cette personne, l’enquête réalisée n’a pas révélé de problème. Son casier judiciaire était vide. De fait, rien n’interdisait de lui délivrer un badge d’accès à la plate-forme aéroportuaire.»

Ce cas s’ajoute à celui d’un autre bagagiste, collaborateur auxiliaire chez Swissport, licencié en juin pour ses absences depuis le 26 février. Soupçonné d’avoir participé le 24 février à une prise d’otages, le Haut-Savoyard a été arrêté le 23 novembre à son domicile. Le jeune homme d’une vingtaine d’années a été fiché récemment par le renseignement français pour radicalisation.

Ces profils inquiétants ne pouvaient apparemment pas être repérés lors de la procédure de contrôle de sécurité des employés à l’engagement ou en cours d’emploi. Celle-ci est-elle encore adaptée?

Le chef du DSE, Pierre Maudet, a annoncé la semaine dernière avoir réduit depuis l’été passé de cinq à deux ans le délai de renouvellement des badges d’accès au tarmac. L’objectif étant d’analyser d’ici à deux ans les dossiers de 10'000 employés œuvrant à l’aéroport.

Pour l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC), le niveau de contrôle de sécurité concernant le personnel des aéroports suisses est-il suffisant? «Les contrôles de sécurité relatifs aux employés remplissent les standards internationaux de sûreté», assure sa chargée de communication, Martine Reymond. Et de préciser: «Depuis les événements récents, les patrouilles sont intensifiées ainsi que d’autres mesures non annoncées, pour les employés et pour les passagers. Pour des raisons de sûreté, l’OFAC ne communiquera aucun détail.»

Créé: 07.12.2015, 23h15

Articles en relation

Un bagagiste de Cointrin sous fiche S a été arrêté

Genève Ce Haut-Savoyard est considéré comme radicalisé par le renseignement français. Le recrutement à l’aéroport interpelle. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.