«Le salaire du patron des CFF est obscène»

Rémunération des cadres de la ConfédérationLe revenu total de 1,2 million d'Andreas Meyer en 2018 provoque la colère à gauche. A droite, on estime justifié ce niveau salarial «même s'il faut faire attention»

La prévoyance professionnelle payée par les CFF en faveur de Meyer se révèle assez coquette puisqu’elle se monte à 218 000 francs par an.

La prévoyance professionnelle payée par les CFF en faveur de Meyer se révèle assez coquette puisqu’elle se monte à 218 000 francs par an.

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La divulgation de la rémunération totale 2018 du patron des CFF, Andreas Meyer, a fait l'effet d'une bombe dans le milieu politique. «Quoi? Combien?», s'étrangle au téléphone Roger Nordmann, le chef de groupe PS des parlementaires fédéraux. Quand on lui dit que les revenus du boss des CFF dépassent pour la première fois 1,2 million de francs par an (voir notre article), il lâche un gros mot qui commence par P et que la décence nous interdit de reproduire ici.


Lire aussi: Le patron des CFF a encore dopé son salaire


«C'est obscène!», s'énerve Roger Nordmann. «Que le Conseil d'administration des CFF puisse verser à Andreas Meyer un tel salaire est vraiment obscène». Le conseiller national vaudois n'a rien de personnel contre Meyer même s'il estime que ce dernier ferait bien de trouver rapidement une solution pour régler le gros couac des nouveaux trains avec Bombardier. «Il est normal que M.Meyer soit correctement payé. Mais pas qu'il reçoive trois fois le salaire d'un conseiller fédéral. Il travaille pour un service public. Il ne faut pas exagérer».

«Ne pas heurter l'opinion publique»

A droite au contraire, le vice-président du PLR Suisse Christian Lüscher n'est pas choqué. «Si on compare le revenu du patron des CFF à un poste équivalent dans l'économie privée, on peut dire que son niveau de rémunération reste inférieur à ce qu'il pourrait gagner.» Le conseiller national genevois est contre un plafonnement salarial même s'il estime, vu qu'il s'agit d'un service public, qu'il convient de ne pas franchir la limite du raisonnable. «Il faut veiller à ce que le ratio entre les prestations fournies et le salaire octroyé ne heurte pas l'opinion publique».

Le débat va rebondir de toute façon sous la coupole fédérale. Une initiative parlementaire de Suzanne Leutenegger Oberholzer (PS/ZH) s'est frayée un chemin dans les deux Chambres fédérales. Elle demande «la fin des salaires excessifs» dans les entreprises fédérales ou liées à la Confédération. Reste encore à fixer dans la loi un chiffre maximal ou un mécanisme. La conseillère nationale Leutenegger demande que le salaire le plus élevé des membres de la direction d'une entreprise fédérale ou para-étatique ne dépasse pas le traitement brut d'un conseiller fédéral.

Créé: 21.06.2019, 15h26

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