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«Les salariés ont le droit de gagner davantage»

Pour l’USS, la reprise économique doit profiter aux travailleurs. La faîtière des syndicats réclame des hausses salariales.

Vania Alleva, présidente du syndicat Unia
Vania Alleva, présidente du syndicat Unia
Keystone

Des augmentations de 1.5 à 2%. Telles sont les revendications de l’Union syndicale suisse (USS) en vue des négociations salariales pour 2017-2018. Après des années de disette, l’USS veut corriger le retard pris ces dernières années. Interview de Vania Alleva, présidente du syndicat Unia.

La reprise économique est timide. Vos revendications ne sont-elles pas exagérées?

Ces dernières années, les salariés n’ont pas bénéficié d’augmentations salariales alors qu’ils ont dû travailler plus. Le stress est plus important, de même que la productivité, qui a augmenté de 1%. Il faut ajouter à cela le coût de la vie qui devrait augmenter de 0.5% au moment des négociations. Seuls, ces deux éléments représentent déjà une hausse de 1.5%. Les travailleurs doivent donc profiter de la reprise économique actuelle, et rattraper le retard des dernières années.

Vous demandez des hausses plus hautes encore pour les femmes. Pourquoi?

Cela fait 37 ans que l’égalité salariale est ancrée dans la constitution, et on a même une loi sur l’égalité salariale. Malgré cela, les discriminations salariales continuent. Il faut qu’elles cessent. Pour y arriver, nous exigeons une correction au niveau des salaires lors des prochaines négociations. Mais il faut aussi des changements au niveau de la loi, comme un meilleur contrôle des entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale. Il faut travailler sur différents niveaux.

Les entreprises suisses souffrent toujours de la crise de l’euro. Votre revendication est-elle vraiment réaliste?

Indépendamment de cette situation, il y a une reprise économique. Les prix sont en augmentation. Pour la construction ou l’artisanat, nous sommes même face à un boom: on construit à grande échelle. Mais on constate aussi une croissance pour l’industrie ou l’hôtellerie-restauration. L’enrichissement est en augmentation. Dans certaines branches, il a fallu travailler davantage à cause du franc fort. Actuellement plusieurs indicateurs montrent que la situation est meilleure. Une augmentation salariale s’impose.

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