Le Salon du livre de Genève s’ouvre sur des interrogations

EconomieLe financement de la célébration annuelle de l’écrit francophone, au bout du Léman, nécessite des réflexions.

Avec petits-fours et petits prix, le 31e Salon du livre et de la presse s’est ouvert mercredi à Genève.

Avec petits-fours et petits prix, le 31e Salon du livre et de la presse s’est ouvert mercredi à Genève. Image: Keystone

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La 31e édition du Salon du livre et de la presse de Genève s’est ouverte mercredi à Palexpo. Comme chaque année, la liesse officielle s’est révélée à la hauteur de cette institution. Il s’agit du deuxième salon littéraire francophone dans le monde. La Suisse étant ce qu’elle est, les Alémaniques s’y pressent aussi.

Le contexte conjoncturel et politique suscite néanmoins des inquiétudes. La majorité des stands de ce salon sont conçus et financés par des exposants y participant. Les animations culturelles non commerciales sont prises en charge par la Fondation pour l’Ecrit. La présence de la presse et des diffuseurs de maisons d’édition tend simultanément à s’estomper. Les temps de la grande foire commerciale se trouvent il est vrai en mutation.

Le budget de la Fondation pour l’Ecrit continue cependant d’enfler: 1,7 million de francs en 2008 et 2,5 millions cette année. Palexpo doit en plus mettre gratuitement à disposition des espaces, facturés 1 million de francs en temps ordinaire. Des partenaires financiers doivent dans le même temps accroître leur contribution. Alors que le nombre de stands commerciaux augmente aujourd’hui, finançant ainsi la part commerciale du Salon.

«Jusqu’en 2013, notre organisation accordait 250 000 francs au Salon du livre et de la presse. Et ce montant a doublé depuis trois ans, du fait des difficultés croissantes sur le marché du livre et la nécessité d’un soutien accru pour préserver cet événement culturel unique», rappelle le président de l’organe de répartition genevois de la Loterie Romande, Bernard Favre.

Nécessité d’un succès

Les pouvoirs publics genevois demeurent évidemment d’importants contributeurs de l’événement, à raison de 353 000 francs en tout. A ce montant s’ajoutent des sommes provenant de la Direction du développement et de la coopération, de l’Office fédéral de la culture et de Pro Helvetia. Sans oublier les soutiens importants fournis par des mécènes et divers donateurs.

En dépit de l’incontestable fidélité de ces partenaires, le président du conseil d’administration de Palexpo SA, Robert Hensler, nous a lui-même confirmé les tracas actuels: «Nous rencontrons actuellement des difficultés du côté d’exposants actifs dans la chaîne du livre. Et mes fonctions m’imposent d’assurer la viabilité du salon sur cinq ou dix ans. Des discussions sont en cours, avec tous nos partenaires, sur la nécessité de soutiens financiers accrus.»

Prenant soin d’anticiper sur ces éléments, Robert Hensler s'est promptement adressé à la cheffe du Département genevois de l’instruction publique, de la culture et du sport, Anne Emery-Torracinta, pour la sensibiliser à cette dynamique. Juste après avoir dûment remercié le conseiller fédéral Alain Berset pour sa présence au Salon.

«Le Grand Conseil a clarifié en septembre les rôles du Canton et des communes en matière de culture. La politique du livre devient désormais une tâche du canton. L’Etat est donc à présent dépositaire d’une responsabilité politique nouvelle. Il doit penser à l’avenir de ce salon. Je sais que vous y travaillez, Madame la conseillère d’Etat. J’espère que nous tous y parviendrons», a conclu Robert Hensler, en trahissant un soupçon d’émotion.

Duels prometteurs

Il est vrai que la nouvelle loi sur la répartition des tâches en matière culturelle, entre communes et Canton, est entrée en force cette année. Et sa mise en œuvre ne commencerait pas sans difficulté. Nous avons adressé des questions à ce sujet à Anne Emery-Torracinta. La magistrate socialiste y répondra prochainement, «d’autant plus que le Salon du livre et de la presse constitue un événement culturel de la plus haute importance pour le gouvernement genevois».

D’ici là, la 31e édition du Salon du livre et de la presse nous réserve quelques grands moments. A l’instar de duels entre dessinateurs du magazine satirique romand Vigousse, tous les jours jusqu’à dimanche, sur la scène de la BD, de 9 h 30 à 19 h 00.

Créé: 27.04.2017, 07h13

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