Sangliers et cormorans dans le viseur de Berne

Réserves naturellesDes mesures de régulation, allant jusqu'à la chasse, devraient être prises pour sauvegarder l'environnement.

Les sangliers font trop de dégâts.

Les sangliers font trop de dégâts. Image: ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION/AFP

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Dès avril 2015, les cormorans ne devraient plus autant profiter des réserves d'oiseaux d'eau et migrateurs pour importuner les pêcheurs suisses.

Idem pour les sangliers qui s'y cachent avant leurs razzias dans les champs voisins. Des mesures de régulation, allant jusqu'à la chasse, devraient être prises.

Le Département fédéral de l'environnement a mis vendredi en consultation jusqu'au 17 octobre une révision d'ordonnance. Celle-ci répond, concernant les cormorans, à une demande du Parlement.

Entre 5000 et 6000 de ces oiseaux viennent hiverner en Suisse, sans compter le millier de couples qui y nichent. Depuis des années, les pêcheurs se plaignent des dégâts causés à leurs prises et à leurs filets. Le cormoran peut en outre mettre en danger les effectifs de certains salmonidés menacés.

Chasse prolongée d'un mois

Des mesures ont déjà été prises en 2012. La chasse aux cormorans a été prolongée d'un mois et les tirs d'effarouchement sont désormais possibles si les oiseaux pêchent dans les filets des pêcheurs. Avec la révision d'ordonnance, l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) édictera une aide à l'exécution à l'intention des cantons.

Dans les réserves, la chasse continue en principe d'être interdite. Des interventions seront toutefois permises dans des cas motivés. Concernant les cormorans de passage en hiver, seul l'effarouchement entre en ligne de compte.

Pour les couples nicheurs, la régulation ne passe pas en premier lieu par la chasse. Il faudra d'abord miser sur d'autres mesures comme retirer des oeufs du nid ou les empêcher d'éclore en les refroidissant, les piquant ou les huilant.

L'aide à l'exécution devra fixer les règles à suivre. Il s'agira en particulier de fixer le seuil de dégâts déterminant, les superficies affectées.

Tirs sélectifs autorisés Hors des réserves, les cantons ont déjà la possibilité d'effectuer des tirs sélectifs afin de déloger les cormorans des tronçons de cours d'eau très importants pour les poissons. Des tirs individuels pourront aussi être admis pour prévenir les dégâts causés aux pêcheurs.

D'autres mesures sont possibles en aval: lever les filets avant que les oiseaux arrivent, améliorer l'élimination des déchets de poissons pour ne pas attirer les cormorans.

Pour justifier les mesures régulatrices, il faudra recenser les dégâts (estimés actuellement dans le lac de Neuchâtel entre 1,2 et 3,9% de la valeur des prises totales). L'OFEV n'entend en effet plus se retrouver face comme en 2011 face à une annulation de sa décision par la justice faute de preuves.

Sangliers, renards et corneilles

Le projet mis en consultation ne se cantonne pas aux cormorans. D'autres espèces se réfugient dans les réserves d'oiseaux avant de créer des dégâts aux alentours. C'est notamment le cas des sangliers qui se livrent à des razzias dans les cultures agricoles. Idem des chevreuils.

Renards, blaireaux et fouines peuvent quant à eux infecter légumes et baies via leurs excréments. Et ils n'hésitent pas à croquer certains oiseaux nichant au sol. Enfin, les corneilles noires peuvent profiter des réserves pour se multiplier en trop grand nombre.

Les dommages ne devront plus être intolérables mais excessifs pour qu'il soit possible d'intervenir. Dans les dix réserves d'importance internationales, les mesures de régulation seront soumises à l'aval de l'OFEV. La compétence d'octroyer une autorisation sera déléguée aux cantons dans les 26 réserves d'importance nationale.

Marche à suivre

Avant d'intervenir, une série de critères devront être vérifiés, comme l'ampleur de la menace, les effets indésirables, la possibilité de recourir à des mesures plus modérées. La chasse ne devrait en principe se faire que sur des surfaces exploitées par l'agriculture ou l'économie forestière. Elle devrait se pratiquer à l'affût, à des endroits spécialement désignés et sans chien.

Il faudra éviter tant que faire se peut les roselières et les marais de réserves. A titre exceptionnel, il serait possible d'appâter le gibier avec de la nourriture ou d'intervenir en se déplaçant avec des chiens. Pour éviter que ces animaux ne se réfugient dans les réserves, il est aussi prévu d'y interdire l'affourragement et la mise à disposition de sel.

La révision d'ordonnance étend par ailleurs la taille des réserves de Kaltbrunner Riet (SG), d'Alter Rhein (SG) et de Bolle di Magadino (TI). (ats/nxp)

Créé: 18.07.2014, 12h56

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