«La santé est un débat trop important pour ne pas le mener»

Votations du 28 septembreAlain Berset a lancé lundi la campagne du Conseil fédéral contre l’initiative sur la caisse unique. Un texte lancé par son propre parti. Il va donc devoir combattre les siens. Mais cela ne lui fait pas peur.

Le conseiller fédéral a lancé avant les vacances d'été la campagne sur la caisse unique.

Le conseiller fédéral a lancé avant les vacances d'été la campagne sur la caisse unique. Image: Keystone

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Le conseiller fédéral Alain Berset en charge de la Santé a lancé lundi 16 juin la campagne contre l'initiative «pour une caisse publique d'assurance maladie», soumise au verdict des Suisses le 28 septembre. Le texte, lancé par la gauche, prévoit la création d'une institution nationale avec des agences cantonales qui établiront les primes et les encaisseront. Mais il ne représente pas la panacée aux yeux du ministre socialiste. Interview.

24 heures: Vous estimez que le système actuel de caisse maladie est imparfait. Pourtant vous rejetez l'initiative sur la caisse unique. Pourquoi?

Alain Berset: Il y a plusieurs manières d’améliorer un système imparfait: il y a ce que souhaite l’initiative, soit un renversement très important de ce que nous connaissons aujourd’hui. Mais il y a une autre option, celle que choisit le Conseil fédéral, de continuer avec le système actuel qui a fait ses preuves, mais en lui apportant des améliorations concrètes, en améliorant la surveillance des caisses, avec une séparation plus claire entre l’assurance de base et l’assurance complémentaire et également une amélioration de la compensation des risques.

Vous ne croyez pas que la caisse unique permettra de faire baisser les primes?

Pour pouvoir faire baisser les primes, il faut travailler sur les 95% des coûts dans l'assurance maladie, soit ceux générés par les prestations de médecins, d'hôpitaux, les prix des médicaments, etc. Et sur ce plan, le Conseil fédéral a agi, en baissant le prix des médicaments, en donnant aux cantons de contrôler l’admission ou l’ouverture de nouveaux cabinets et avec cela, nous agissons sur les 95% des coûts.

L’initiative n’agit elle que sur les 5% restants des coûts, qui sont pour l’essentiel des coûts de personnel. Mais celui-ci devra continuer de travailler, y compris avec la caisse unique. Il reste donc, de l’avis du Conseil fédéral, environ 80 millions de frais de publicité et d’intermédiaires qui pourraient être épargnés, soit 0,3% des dépenses des coûts de la santé. On voit bien qu’avec ça, on ne peut pas s’attendre à une diminution des primes.

Vos adversaires sont vos camarades de parti, êtes-vous prêt à les combattre?

Il y a une question de rôle qui se joue et c’est vrai que j’ai toujours été convaincu qu’il fallait améliorer le système d’assurance maladie. Mais je crois que la santé est un débat beaucoup trop important pour ne pas le mener et je me réjouis de le faire. C'est l'occasion de débattre sur ce système et d'essayer d'améliorer ce qui peut l'être. Les chemins sont différents, c'est clair, et il y a une certaine opposition sur les méthodes et les moyens choisis, Mais ce débat doit être mené, c’est la moindre des choses qu’on puisse donner aux citoyens qui paient des primes et qui ont besoin et le droit de savoir comment fonctionne ce système.

Pourquoi commencer si tôt la campagne? Pour laisser la voie libre à votre parti cet été?

Vous voyez toujours des stratégies partout (rires)! La question, avec les vacances d’été était de se demander si on commençait avant ou après la campagne du Conseil fédéral. Après, cela voulait dire se retrouver au 15 août, et cela aurait été un peu tard, puisque nous serons 5 semaines avant la votation. Pour qu’un débat serein puisse s’installer et que l’on ait le temps d’échanger les arguments, il était bon que le Conseil fédéral annonce sa position avant l’été.

Pouvez-vous rassurer les assurés que leurs primes ne serviront pas à financer la campagne des caisses maladie?

Nous avons rappelé évidemment à diverses reprises aux assureurs qu’ils n’ont pas le droit d’utiliser l’argent de la caisse maladie de base pour financer des campagnes. Ils le savent. Nous contrôlerons et surveillerons donc la situation pour cette campagne aussi. Mais il est clair qu’il nous manque des outils de surveillance adéquats et complets pour le faire. Nous ferons cependant notre maximum avec les moyens à notre disposition.

(nxp)

Créé: 16.06.2014, 13h44

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