Scandale des matches truqués à nouveau au TPF

FootballUn prévenu comparaît dès mardi au tribunal pénal fédéral dans le volet suisse d'un scandale de matchs de football truqués entre 2008 et 2009.

Le tribunal pénal fédéral à Bellinzone

Le tribunal pénal fédéral à Bellinzone Image: Keystone

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Le volet suisse d'un scandale de matches de football truqués revient devant le Tribunal pénal fédéral (TPF). Un prévenu de 30 ans y comparaît dès mardi, soupçonné d'avoir agi comme intermédiaire entre l'organisation criminelle et des footballeurs. Dans le cadre d'un premier procès en 2012, son cas avait été renvoyé au Ministère public de la Confédération (MPC).

Le TPF avait alors pris cette décision car il avait refusé de ratifier l'accord passé entre ce recruteur et le MPC. Celui-ci devait engager la procédure ordinaire et renoncer à la voie de la procédure simplifiée. Plus de quatre ans après, le dossier de cet ancien joueur de troisième ligue revient donc sur la table du TPF.

Agé aujourd'hui de 30 ans, le prévenu doit répondre d'escroquerie par métier, complicité et co-responsabilité. Il est aussi soupçonné de complicité et co-responsabilité dans une escroquerie par métier d'un dispositif de traitement de données.

Le cerveau condamné en Allemagne

Le prévenu est accusé d'avoir agi au printemps 2008 et en automne 2009 comme intermédiaire en Suisse au service de deux personnes qui truquaient des paris sur des matches de football.

Ce scandale international des paris truqués avait éclaté en 2009. Le principal protagoniste, un Germano-Croate, a été condamné à Bochum (D) en 2014 à cinq ans de prison pour escroquerie par métier. Sa peine avait alors été réduite de six mois par rapport à un premier procès de mai 2011.

Cet homme de 41 ans avait avoué avoir misé de fortes sommes d'argent sur des matches truqués. Des joueurs et arbitres avaient été corrompus avant les rencontres. L'intermédiaire de 30 ans informait les tricheurs des matches arrangés. Il recrutait aussi des «joueurs potentiellement corruptibles». Si la manipulation fonctionnait, il lui incombait en outre de rémunérer les joueurs en conséquence.

Organisateurs escroqués en Asie

Les escrocs pariaient sur des matches truqués auprès d'organisateurs de paris en Asie. L'intermédiaire en Suisse est entre autres accusé d'avoir participé à la manipulation du match de Challenge League Gossau-Thoune en avril 2009. En misant sur le bon résultat (4-3), le principal protagoniste et ses complices ont empoché un gain de 58'500 euros.

Sur cette somme, l'intermédiaire a encaissé 15'000 euros en liquide, dont il a remis 7000 euros à chacun des deux joueurs du FC Thoune. Le reste est resté dans sa poche. Il a en outre reçu 2000 euros de rétribution de ses mandataires.

Gains grâce à des joueurs manipulés

Lors d'autres parties du FC Gossau et du FC Thoune, les escrocs ont de nouveau réussi à encaisser des gains à cinq chiffres. D'autres cas de corruption ont porté sur des matches amicaux en Suisse du club de Bosnie-Herzégovine NK Travnik. En contrepartie, l'accusé s'était entre autres occupé d'organiser un camp d'entraînement pour ce club en Suisse.

Ces arnaques ont permis aux tricheurs d'empocher une somme totale de quelque 430'000 euros en moins de six mois. L'intermédiaire en Suisse a pour sa part touché environ 15'000 francs.

Selon l'acte d'accusation, le prévenu a toujours considéré son activité comme un «travail normal», bien qu'il fût au courant de l'illégalité de ses manipulations de matches. Cet homme, qui est né en Bosnie-Herzégovine, a déjà purgé deux mois de détention préventive entre novembre 2009 et janvier 2010.

Trois footballeurs acquittés

Ce n'est pas la première fois que le TPF se penche sur des paris truqués sur des matches de football. En 2012, trois joueurs du FC Gossau et du FC Thoune avaient été acquittés de l'accusation d'escroquerie.

Le juge avait relevé la difficulté à fonder une condamnation pour escroquerie ou pour complicité d'escroquerie dans une affaire de paris truqués. Une telle infraction suppose qu'une personne physique soit trompée. La seule manipulation d'un automate ou d'un portail Internet anonyme en Asie ne permet pas de fonder une condamnation pour escroquerie.

Le procès devant le Tribunal pénal fédéral devrait durer deux jours. (ats/nxp)

Créé: 10.02.2017, 09h54

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