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«Nous avons eu assez de scandales alimentaires!»

Les Verts ont lancé ce jeudi la campagne pour leur initiative «pour des aliments équitables». Adèle Thorens répond à nos questions.

Adèle Thorens
Adèle Thorens
Keystone

Les prochaines votations seront placées sous le signe de l'agriculture, puisque deux des trois objets soumis au vote traitent de ce sujet. C'est le cas de l'initiative des Verts "pour des denrées alimentaires saines et produites dans des conditions équitables et écologiques". Ses partisans ont lancé ce jeudi à Berne leur campagne. La conseillère nationale Adèle Thorens (VD) répond à nos questions.

Quelles sont les différences entre votre initiative et celle d'Uniterre pour la souveraineté alimentaire, également soumise au vote en septembre?

L’initiative d’Uniterre propose un nouveau concept global de production agricole, avec la souveraineté alimentaire. Notre initiative est orientée sur l’offre et non sur la production. Elle exige que la Confédération renforce l’offre en denrées alimentaires produites dans de bonnes conditions sociales et écologiques et dans le respect des animaux, que ce soit en Suisse ou à l’étranger.

La Suisse a changé sa constitution l'an dernier et dispose de règles pour renforcer l'offre de telles denrées. Est-ce vraiment utile?

Oui, car on continue de trouver dans notre pays de la viande ou des œufs issus de modes d’élevage scandaleux, ou des fruits et légumes issus de cultures intensives et de l’exploitation d’ouvriers agricoles, sans que les consommateurs en soient correctement informés. Cette situation pourrait empirer encore avec les projets du Conseil fédéral en matière de libre-échange et des accords comme Mercosur. Dans cette perspective, il nous faut une stratégie de qualité pour les importations également. Nous avons eu assez de scandales alimentaires!

Ne risquez-vous pas d'augmenter les prix en Suisse et, du même coup, le tourisme d'achat?

Notre initiative promeut la transformation et la commercialisation de produits locaux et de saison, or l’agriculture de proximité offre précisément des prix très avantageux, comme l’a montré une étude de la Fédération romande des consommateurs (FRC, qui soutient d’ailleurs notre initiative). Par ailleurs, elle prévoit des mesures pour lutter contre le gaspillage alimentaire. C’est là que nous devons faire des économies, plutôt que sur la qualité: un tiers des denrées alimentaires produites finissent en effet à la poubelle.

Votre texte prévoit des standards pour les importations. Des paysans craignent de perdre ainsi leur avantage compétitif, celui de la qualité.

Les produits suisses bénéficieront toujours d’une attractivité liée à la proximité et à leur lien avec nos traditions et nos terroirs. La proximité, c’est aussi la fraîcheur et les trajets courts, qui constituent un avantage clair tant du point de vue de la qualité que de la protection de l’environnement. L’initiative vise par ailleurs explicitement à soutenir les produits locaux et de saison.

Mais comment contrôler ce qui se fait à l'étranger?

Si l’on se fonde, pour les mesures d’application de la loi, sur des labels internationalement reconnus comme le fair trade ou le bio, ce n’est pas un problème. Des systèmes de contrôle de qualité sont déjà en place et fonctionnent bien. On peut prendre pour exemple les facilités douanières qui sont actuellement octroyées aux biocarburants s'ils répondent à des critères de durabilité. Cette mesure est appliquée depuis quelques années et fonctionne bien. Il n'y a pas de problème avec le droit international, ni de monstre bureaucratique. Pourquoi cela ne pourrait-il pas fonctionner avec certains aliments?

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