Schneider-Ammann: la règle des 8 jours doit évoluer

SuisseLe Conseiller fédéral en charge de l'économie estime que la période de temps est moins importante que la protection dans les mesures d'accompagnement.

Johann Schneider-Ammann soutient son collègue de parti Ignazio Cassis qui veut aussi revoir la règle des 8 jours.

Johann Schneider-Ammann soutient son collègue de parti Ignazio Cassis qui veut aussi revoir la règle des 8 jours. Image: Keystone

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Johann Schneider-Ammann se dit ouvert à la modification des mesures d'accompagnement liées à l'accord sur la libre circulation des personnes. Notamment la règle des huit jours, qui permet de planifier les contrôles et d'appliquer les cautions pour les entreprises et artisans étrangers.

«C'est un fait que nous avons protégé notre marché du travail dans une certaine mesure. Celui qui est concerné à tout intérêt à ce que la situation ne change pas. Mais on peut en discuter. A mon avis, cela ne doit pas être absolument huit jours », a estimé le Conseiller fédéral dans une interview parue dans l'Aargauer Zeitung, rappelant que cette règle datait de l'an 2000.

Seul compte le niveau de protection

A l'époque, c'est le temps qu'il fallait entre le dépôt de la demande et la transmission de la réponse, ainsi que l'avait calculé le groupe de travail auquel avait participé Johann Schneider-Ammann, alors président de Swissmem. «Mais aujourd'hui, nous pouvons le faire en huit secondes. Ce n'est pas le temps qui compte, mais le niveau de protection et cela ne peut pas être discuté.»

Il rappelle que des mécanismes identiques ont été introduits dans l'Union Européenne, évoquant la directive sur les travailleurs détachés.

Le patron du Département fédéral de l'Economie suit ainsi la même ligne que son collègue de parti Ignazio Cassis, qui s'était attiré une volée de bois vert en voulant remettre en question certaines mesures d'accompagnement. A tel point que la présidente de son parti, Petra Gössi, a dû voler à son secours.

«J'attends toujours une réponse»

Si Johann Schneider-Ammann fulmine contre l'équivalence boursière limitée imposée par l'Union Européenne, il montre en revanche une «certaine compréhension» envers les droits de douane imposés par l'administration Trump. Même si cette dernière ne se presse pas à répondre aux demandes d'exemption adressées par la Suisse.

«J'ai rencontré le délégué au commerce américain Robert Lighthizer il y a quinze jours à l'OMC à Paris. Je lui ai dit que je lui avais écrit une lettre en mars et adressé une copie un mois plus tard au ministre du Commerce, Wilbur Ross. Nous sommes maintenant en juin et j'attends toujours une réponse», a expliqué le conseiller fédéral.

Robert Lighthizer lui a expliqué qu'il avait environ 1700 demandes sur la table et qu'il n'avait pas d'autre choix que de procéder selon les priorités, qu'il ne pouvait pas causer de préjudice et qu'il fallait encore attendre quelques jours. «Il voulait probablement dire des mois», n'a pas manqué d'ironiser le Conseiller fédéral.

Créé: 25.06.2018, 09h04

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