En secret, Johann Schneider-Ammann parle avec le patron des syndicats

Suisse-UELe syndicaliste Paul Rechsteiner, a décidé de boycotter les discussions sur les mesures d’accompagnement. Selon nos informations, il s’en est pourtant entretenu jeudi avec le ministre de l’économie.

Paul Rechsteiner à gauche et Johann Schneider-Ammann à droite. (Image d'archives)

Paul Rechsteiner à gauche et Johann Schneider-Ammann à droite. (Image d'archives) Image: Keystone

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Officiellement, ils sont fâchés. Officieusement, ils ont renoué. La semaine dernière, le président de l’Union syndicale suisse (USS), Paul Rechsteiner, faisait un coup d’éclat en annonçant qu’il boycotterait les discussions sur les mesures d’accompagnement. «Nous refusons de sacrifier la protection des salariés pour un accord-cadre avec l’UE», tonnait le Saint-Gallois. Et ce dernier de dénoncer un jeu aux dés pipés avec des ministres PLR prêts à céder sur la protection des travailleurs avant même le début des consultations. Accusé de la sorte, Johann Schneider-Ammann s’était fâché tout rouge.

Un entretien à trois

Mais le gros de l’orage semble passé. Selon nos informations, le conseiller fédéral en charge de l’économie et le président de l’Union syndicaliste suisse Paul Rechsteiner ont - dans le plus grand secret - renoué le dialogue jeudi sur le sujet qui fâche. Erik Reumann, porte-parole du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) confirme: « Le jeudi 16 août, un entretien a eu lieu entre M. le Conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, le président de l’Union syndicale suisse, M. Paul Rechsteiner, et le président de l’Union patronale suisse, M. Valentin Vogt, sur les mesures d’accompagnement.»

Le DEFR refuse d’en dire davantage sur le contenu des discussions ou sur l’instigateur de ces dernières, mais il précise sur demande: « L’USS rejette toujours une participation au processus en cours avec les partenaires sociaux et les cantons. Le DEFR poursuivra cependant sa mission, conformément à la décision du 4 juillet 2018 du Conseil fédéral.»

L'USS ne commente pas

A quoi joue le président de l’USS Paul Rechsteiner? Le Saint-Gallois n’a pas retourné nos appels vendredi. A Berne, la centrale de l’USS ne répond que par une phrase à nos multiples questions: «Notre position reste la même que celle que nous avons communiquée le 8 août : Nous refusons des négociations pour affaiblir les mesures d’accompagnement.» Le syndicat Travail.Suisse, par la voix de son président Adrian Wüthrich, indique qu’il maintient également sa position: il ne participera pas aux négociations.

Selon une source proche du dossier, Paul Rechsteiner aurait été sollicité par le ministre de l’économie pour expliquer directement au président de l’Union patronale suisse, Valentin Vogt, les raisons pour lesquelles il boycotte les discussions actuelles. Ce dernier indique qu’il ne donne «en principe, pas d’information sur les discussions personnelles qu’il mène.»

Mais en renouant avec son meilleur ennemi du moment, le ministre Johann Schneider-Ammann semble ne pas avoir perdu l’espoir de mener sa mission de l’été à bien: mettre à une même table patrons et syndicalistes et trouver une manière d’accomoder la protection du marché du travail avec un accord-cadre avec l’Union européenne. Le Bernois avait gardé la porte ouverte à la discussion avec les syndicats malgré le clash. «ll n’est pas question de mes rapports avec Paul Rechsteiner, mais de la poursuite de la voie bilatérale.»

L'optimisme d'Ignazio Cassis

Si le ministre bernois s’accroche, il reste bien isolé dans cette mission. Jeudi, son collègue de parti Ignazio Cassis était devant la commission de politique extérieure des Etats à Cologny (GE). La question des mesures d’accompagnement a été abordée. Selon nos sources, le conseiller fédéral tessinois a dit qu’il considérait qu’il s’agissait d'un problème technique, à régler entre le patronat et le syndicat et que cette question était du ressort de son collègue Johann Schneider-Ammann. Le ministre des affaires étrangères reste optimiste sur l'opportunité de trouver une solution d'ici l'automne avec l’Europe. Tous les parlementaires ne partagent pas cet avis. «J’aimerais bien qu’il ait raison mais j’ai des craintes vu le nombre d’obstacles sur la route», réagit le conseiller aux Etats Didier Berberat (PS/NE).

Créé: 17.08.2018, 17h01

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