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Un secrétaire d’État pour l’UE, est-ce utile ou futile?

La proposition de Cassis divise. La fonction est rare et coûteuse. Le PLR accusé de dilapider l’argent public.

Ignazio Cassis, nouveau chef du Département des affaires étrangères
Ignazio Cassis, nouveau chef du Département des affaires étrangères
Jean-Paul Guinnard

Ignazio Cassis vit une fin d’année difficile. Alors que les relations Suisse-UE sont dans l’impasse, l’idée du Tessinois de créer un Secrétariat d’État pour les questions européennes reste en travers de la gorge de plusieurs élus. «Il ferait mieux de s’occuper du contenu du dossier au lieu de réfléchir à créer de nouvelles structures», tacle Elisabeth Schneider-Schneiter (PDC/BL) dans le Blick. Secrétaire d’État est un poste rare à Berne. La Confédération en compte cinq: Pascale Baeris­wyl aux Affaires étrangères, Mauro Dell’Ambrogio à l’Éducation et à la Recherche, Jörg Gasser aux Questions financières internationales et Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch à l’Économie.

Cette fonction – quasi ministérielle – permet à ces hauts fonctionnaires d’être sur un pied d’égalité avec les représentants d’autres pays et ainsi de mieux défendre la position du pays. Elle a souvent été créée dans des circonstances particulières. Le Secrétariat d’État aux migrations – le plus récent – a été mis sur pied en 2015 lorsque ce thème a pris une grande importance avec l’afflux de réfugiés.

380'000 francs par an

La fonction est aussi onéreuse. «La fonction de secrétaire d’État a été rangée dans la classe de salaire 38 en raison des tâches, des responsabilités et des compétences qu’elle requiert», explique l’Office fédéral du personnel. La classe 38? C’est la plus élevée au sein de l’administration, jusqu’à près de 380 000 francs par année.

Alors que Fabio Regazzi (PDC/TI) réclamait la création d’un Secrétariat d’État aux transports, le PLR – unanime – et l’écrasante majorité de UDC avaient balayé cette idée, notamment pour des questions financières. Quand bien même le postulat était soutenu par le Conseil fédéral. «Ça me fait rigoler de voir aujourd’hui un PLR proposer la création d’un tel poste pour les questions européennes», réagit Fabio Regazzi. Pour lui, on nage en pleine contradiction. «La cohérence ne rime pas toujours avec la politique.»

Chantre de la rigueur budgétaire, le PLR aurait-il tourné casaque? «Pas du tout, rétorque Christian Lüscher (GE), vice-président du parti. Le secrétaire d’État aux Questions financières internationales a été créé lorsqu’on s’est rendu compte que la défense de la place helvétique était devenue primordiale. Aujourd’hui, il me semble juste de faire de même avec le dossier européen. C’est notre plus gros enjeu politique et économique.» Et de tacler les esprits chagrins qui estiment qu’on dilapide l’argent du contribuable. «Les enjeux se chiffrent en milliards. Ce n’est pas comparable à la situation des transports, qui relève de la politique interne.»

Le SonntagsBlick, qui a révélé ce projet dimanche, mettait aussi en avant une manœuvre pour écarter la secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Pascale Baeris­wyl – chargée des négociations avec l’UE – mais qui ne passe pas dans les rangs des eurosceptiques du parlement. «Il n’y aurait pas de doublon, rétorque le Genevois. Les Affaires étrangères sont un domaine très vaste. Ce secrétaire pour les questions européennes serait aussi chargé des aspects fiscaux ou financiers. Une personne de référence permettrait d’assurer une continuité dans les négociations. C’est difficile avec la présidence tournante de la Confédération.»

Et de rappeler que le Conseil fédéral avait fait appel à Jacques de Watteville en 2015 comme super-négociateur en chef avec l’UE. La mission était alors temporaire. Mais le désir affiché d’Ignazio Cassis de la pérenniser sous la forme d’un secrétaire d’État n’est pas encore réalisé.

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