«On sentait une lassitude chez Andreas Meyer»

CFFLes élus fédéraux ne sont pas vraiment surpris par l'annonce du départ du patron de l'ex-régie fédérale. Et dessinent déjà le profil de la personne qui devra lui succéder.

Andreas Meyer était à la tête des CFF depuis 2007.

Andreas Meyer était à la tête des CFF depuis 2007. Image: Keystone

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Avant l’annonce de sa démission, Andreas Meyer avait été entendu ces dernières semaines par les deux commissions des transports du Parlement. L’homme était sous le feu des critiques en raison de la mort d’un employé coincé dans une porte défaillante, mais il y a eu aussi les nombreux retards de trains et le fiasco des nouvelles rames Bombardier.

«On sentait chez lui une certaine impatience face aux critiques, une certaine lassitude comme ces conseillers d’Etat qui ont déjà plusieurs mandats derrière eux. Il était sur la défensive», confie un élu qui l’a auditionné. Ce qui a fait pencher la balance vers un départ? «Les critiques sur sa rémunération. Il en avait marre d'être attaqué.» D’autant que même Simonetta Sommaruga, sa nouvelle ministre de tutelle, lui avait fait des remarques à ce sujet.


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«On a beaucoup monté en épingle le ton de ces séances, corrige Hugues Hiltpold (PLR/GE). Ça n'a pas été aussi houleux. Pour ma part, j'ai vu quelqu’un de marqué par le décès d’un de ses employés.» Pourtant, Andreas Meyer dit avoir informé de sa prochaine démission bien avant l’accident, survenu le 5 août dernier. «Pour un poste aussi important, il faut annoncer son départ le plus tôt possible, réagit le Genevois. Il avait peut-être pris sa décision avant, mais il a sans doute choisi de l'annoncer publiquement maintenant pour calmer la pression».

Où était la présidente?

Le sénateur Olivier Français rappelle pour sa part qu'Andreas Meyer était à la tête des CFF depuis 2007. «Pour des postes à si hautes responsabilités, des cycles de huit à douze ans, c'est normal. Mais c'est vrai aussi que depuis un an et demi, il affrontait les polémiques les unes après les autres.» Et de souligner que plusieurs hauts cadres qu'il avait nommés sont aussi partis. «C’était le moment de changer de leader.»

Bien qu’il se soit «engueulé» avec lui, le Vaudois souligne que grâce à Andreas Meyer, les CFF ont évolué. «On a eu des divergences, c’est une personne de caractère, mais j’apprécie ça. J’ai du respect pour la personne, même si je n'étais pas d'accord avec la gouvernance de l’entreprise.» Et de lâcher: «Est-ce que le Conseil d'administration était assez fort pour le réguler?» Voilà un point sur lequel plusieurs élus s’accordent: l’absence et le silence de la présidente Monika Ribar sur toutes ces affaires.

Capacité de dialogue

Géraline Savary (PS/VD) précise toutefois que «pour la Suisse romande», Andreas Meyer a été un bon interlocuteur. «Il a pris conscience du retard et des lacunes, et il a agi. Ça se ressent sur le développement des infrastructures de ce coté-ci de la Sarine.» Elle cite par exemple le développement de la gare de Lausanne. «J'espère que le suivant ne sera pas issu d'un bureau zurichois, et sera sensible à toutes les régions.» Pour elle, le profil idéal, c’est quelqu'un qui cherche le dialogue, que ce soit les gouvernements cantonaux ou les syndicats; quelqu’un qui comprenne que les CFF ne sont pas une entreprise comme les autres. «On a eu beaucoup des directeurs qui avaient des profils économiques, or les CFF doivent mener une politique de prix, de développement et de service à la population; pas juste une politique économique.»

Un avis que partage Lisa Mazzone (Verts/GE): «Son successeur devra avoir un sens aigu du service public et une vision de la mobilité durable.» Et la vice-présidente du parti d'ajouter: «Et qui n'aspire pas à un salaire de top manager international mais qui cherche à améliorer l'offre pour les usagers.»

«Proche des cheminots»

Hugues Hilpold est plus réservé sur ce point. «C'est une régie importante, et il faut quelqu'un de compétent, car de gros projets arrivent.» Pour lui, cette perle rare sera très attendue sur la ponctualité des CFF, un point crucial pour les Suisses. Et sur la sécurité, un point crucial pour les employés.

«Ce qu’il faut, c’est un patron qui soit à l'image des CFF, résume Olivier Français. Quelqu’un qui soit proche des cheminots.» Ce qu’Andreas Meyer - fils de cheminot - était à son départ, mais qu'il a perdu en cours de route», estime le Vaudois.

Créé: 04.09.2019, 13h32

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