Sommaruga critique la lenteur des mesures

Crise migratoireLa conseillère fédérale donne son avis sur l'état de la situation en matière de crise migratoire.

«La Suisse s'est toujours montrée prête à s'engager de manière solidaire», a-t-elle souligné.

«La Suisse s'est toujours montrée prête à s'engager de manière solidaire», a-t-elle souligné. Image: Keystone

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Simonetta Sommaruga a participé jeudi à Luxembourg à la réunion du Conseil Justice et affaires intérieures (JIA) de l'Union européenne consacrée à la crise migratoire. La conseillère fédérale a déploré la lenteur dans la mise en oeuvre de certaines mesures pour la relocalisation des réfugiés.

La situation tendue en Méditerranée et la mise en oeuvre du programme de relocalisation des requérants d'asile ont été au coeur des discussions entre les ministres jeudi, selon un communiqué du Département fédéral de justice et police (DFJP). Mme Sommaruga s'était prononcée dès le début de la crise en faveur d'un mécanisme fixe de répartition des réfugiés au niveau européen.

Pour la cheffe du DFJP, c'est la mise en oeuvre des différentes mesures qui coince. Il est important que les Etats de l'espace Schengen se soutiennent et fassent preuve de solidarité les uns envers les autres, a répété Mme Sommaruga.

«La Suisse s'est toujours montrée prête à s'engager de manière solidaire», avait-elle souligné avant la réunion devant les médias. Berne s'est engagé à accueillir un premier contingent de 1500 requérants se trouvant en Grèce ou en Italie. Mais seul un petit nombre a pu bénéficier de ce transfert, parfois faute de moyens pour assurer le transport.

Donner une réponse européenne

«Ces derniers mois, la Commission européenne a fait de bonnes propositions pour donner à cette crise des réfugiés une véritable réponse européenne», s'est félicitée la conseillère fédérale. Ainsi, le nouveau corps européen de garde-frontières et de garde-côtes a été approuvé et mis en oeuvre en un temps record. Il est opérationnel depuis début octobre.

En revanche, les discussions sur l'amélioration de l'utilisation des banques de données et le renforcement du contrôle des frontières extérieures de l'UE doivent encore avancer. «Nous attendons maintenant que tous les Etats membres de l'UE répondent vraiment présent pour la mise en oeuvre de ces mesures», a déclaré Mme Sommaruga.

Réformer Dublin

En marge de cette réunion, Simonetta Sommaruga s'est entretenue en bilatéral avec le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière. Les deux responsables ont confirmé leur volonté de s'engager pour une réforme du système Dublin, qui permette d'améliorer la gestion en matière d'asile et consacre la solidarité entre les Etats Dublin.

Ils ont aussi prévu d'augmenter les effectifs d'experts allemands et suisses dans les centres d'accueil («hotspots») en Italie afin d'aider à l'enregistrement des personnes. Et des patrouilles communes des gardes-frontières suisses et allemands seront intensifiées.

«Pas de dérogation»

Inquiet de la menace terroriste, le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a insisté pour le maintien, «sans aucune dérogation», des contrôles systématiques aux frontières extérieures de l'espace Schengen. Ces contrôles devraient bientôt pouvoir s'appliquer aussi aux Européens.

Le ministre français visait en particulier le Parlement européen, avec qui les Etats membres sont engagés dans des négociations sur les modalités d'application de ces contrôles systématiques. Paris et Berlin ont également demandé l'organisation «le plus rapidement possible» d'un exercice «grandeur réelle» de la nouvelle agence de gardes-frontières et de gardes-côtes européens, a précisé M. Cazeneuve.

Thomas de Maizière a, lui, répété qu'il souhaitait une prolongation de l'autorisation des contrôles réintroduits à l'intérieur de l'espace Schengen par cinq pays confrontés à un afflux migratoire (Allemagne, Autriche, Danemark, Suède, Norvège). L'échéance de cette mesure exceptionnelle arrive le 12 novembre.

Reconduire en Afrique du nord

Par ailleurs, le ministre allemand estime que «les personnes qui sont sauvées en Méditerranée devraient être ramenées dans des installations d'hébergement sûres en Afrique du nord».

«Là-bas, leur besoin de protection serait vérifié et nous mettrions en place un mécanisme de réinstallation en Europe avec des quotas généreux, répartis équitablement entre pays européens», a-t-il poursuivi devant la presse, à son arrivée à la rencontre ministérielle.

Les personnes considérées comme des migrants économiques devraient quant à elles «retourner dans leurs pays d'origine», a ajouté M. de Maizière. (ats/nxp)

Créé: 13.10.2016, 13h04

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