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Sommaruga au plus près des défis migratoires

La conseillère fédérale a pu mesurer mercredi et jeudi les défis migratoires auxquels est confronté le Niger lors d'une visite à Niamey et à Agadez.

Le Niger est au carrefour des routes migratoires entre l'Afrique subsaharienne et le Maghreb, a rappelé vendredi le Département fédéral de justice et police (DFJP). Il accueille plusieurs centaines de milliers de réfugiés et de déplacés en provenance notamment du Mali et du Nigeria. Mais les Nigériens qui traversent la Méditerranée pour l'Europe sont peu nombreux. La Suisse n'a par exemple enregistré que 26 demandes d'asile en provenance de ce pays en 2016, rappelle le DFJP.

Les projets auxquels la Suisse contribue financièrement au Niger ont notamment pour objectif une meilleure gestion des migrations et la protection des migrants, poursuit le communiqué.

Le projet de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM, rattachée à l'ONU), soutenu par le Fonds d'urgence pour l'Afrique, inclut cinq centres de transit pour migrants au Niger, dont celui d'Agadez que la conseillère fédérale a visité jeudi en compagnie d'une forte délégation suisse comprenant des membres de la coopération suisse basée à Niamey, des responsables du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) et d'un membre du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

«Ghettos» à Agadez

Laissés en plan dans le désert par des passeurs, torturés lors de leur passage en Libye ou refoulés par l'armée algérienne à la frontière entre l'Algérie et le Niger, les migrants du centre d'Agadez sont tous des candidats volontaires au retour dans leur pays (Guinée-Conakry, Nigeria, Cameroun, pour ne citer que quelques pays de provenance), a pu constater sur place un journaliste de l'ATS.

Le centre OIM d'Agadez, ouvert en 2016, fournit aux migrants un logis dans des baraquements à plusieurs lits, des conseils, des soins de première urgence, une assistance sanitaire et psychologique. Le personnel informe les migrants sur les dangers d'une migration irrégulière.

Les 550 réfugiés arrivés ces derniers jours, très majoritairement de jeunes hommes, veulent tous rentrer dans leur pays en promettant de dissuader quiconque de prendre la route de l'exil.

Les passeurs, eux, œuvrent en périphérie de la ville dans ce que les humanitaires qui travaillent sur place appellent des «ghettos». Les futurs candidats à la migration prêts à traverser le désert pour rejoindre le nord sont parqués à l'abri des regards dans les faubourgs d'Agadez.

Morts dans le désert

Depuis l'adoption en 2015 par le parlement nigérien d'une loi contre le trafic illicite de migrants, le flux des départs s'est réduit mais n'a pas cessé pour autant. Plusieurs ministres européens sont allés au Niger ces derniers mois pour tenter d'aider les autorités locales à décongestionner la pression qui pèse sur le pays.

Depuis le début de l'année, les découvertes macabres se sont accumulées dans le désert nigérien. Des dizaines de migrants, dont parfois des bébés, ont été retrouvés sans vie.

Repas avec le maire d'Agadez

La délégation suisse a également partagé le repas avec le président du Conseil régional d'Agadez, Mohammed Anacko. Ce dernier a rappelé que sa ville souffre depuis une dizaine d'années d'une grave crise économique. Il a fait un appel du pied à la Suisse pour qu'elle débloque des fonds.

Agadez, cité mythique du XVe siècle située aux portes du désert, était connue pour être le carrefour des caravaniers permettant les échanges transsahariens. Elle est aujourd'hui désertée par les touristes. La rébellion touareg du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) contre l'armée nigérienne déstabilisa la région dès 2007.

Simonetta Sommaruga s'est aussi informée sur place de la répartition des profits dans le commerce des matières premières. «Bien qu'il soit riche en uranium, le Niger est l'un des pays les plus pauvres du monde», relève le DFJP. La conseillère fédérale a évoqué ce thème avec les autorités nigériennes mais également avec des représentants de la société civile.

(ats)

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