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Sommaruga: «Cela peut aussi arriver en Suisse»

Dans une grande interview au Blick, la ministre de la Justice évoque l'attentat de Londres et les risques de terrorisme en Suisse.

Simonetta Sommaruga le reconnaît: le terrorisme représente l'une des plus grandes menaces pour la Suisse.
Simonetta Sommaruga le reconnaît: le terrorisme représente l'une des plus grandes menaces pour la Suisse.
Keystone

Simonetta Sommaruga est choquée. C'est ce que la ministre de la Justice a indiqué dans une grande interview au Blickaprès l'attentat de Londres mardi. «A chaque attentat, on pense que cela pourrait aussi nous arriver. Ainsi, il y a une année, c'était les attaques de Bruxelles. Et j'ai pensé alors: j'aurais pu être là-bas à ce moment-là», confie la Bernoise.

La conseillère fédérale prend régulièrement seule les transports publics. Une particularité très suisse. Mais elle n'a pas peur pour autant. «C'est un privilège de pouvoir se mouvoir librement dans ce pays. C'est une forme de respect», estime-t-elle.

Mais elle le reconnaît: le terrorisme représente l'une des plus grandes menaces pour la Suisse. «Des attaques comme celle de Londres ou de Berlin (ou un camion avait foncé dans la foule lors d'un marché de Noël, ndlr.) peuvent aussi arriver en Suisse. Les terroristes sont organisés en réseau international.» Raison pour laquelle selon elle, une collaboration internationale est plus que nécessaire. «Aucun pays ne peut gérer seul sa sécurité.»

Appel à la population

Mais Simonetta Sommaruga est claire: une sécurité à 100% est impossible, même si la police, le service de renseignement et FedPol travaillent en étroite collaboration. Car ce «terrorisme low-cost», comme l'acte de Londres, est très difficile à combattre. «N'importe quelle personne isolée peut faire énormément de dégâts avec très peu de moyens», souligne-t-elle.

Raison pour laquelle la ministre de la Justice fait appel à la population pour aider les services de sécurité à éviter ce genre d'attaques. «La radicalisation se produit souvent lentement, les gens changent petit à petit», rappelle-t-elle. Du coup, selon la Bernoise, tout le monde doit être attentif à son entourage, que ce soit les enseignants, les parents ou les proches. Et si besoin, ceux-ci doivent pouvoir bénéficier d'aide et de conseils auprès d'organismes de prévention de la violence par exemple.

Pour Simonetta Sommaruga, cela n'a rien à voir avec de la délation. «Il n'est pas question de dénoncer les gens ou de soupçonner tout le monde. D'ailleurs nous n'avons aucune disposition pénale pour le faire», se défend-elle. «Mais nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas voir les gens radicalisés.»

Confisquer le passeport

Et pour elle, il faut prévenir les infractions avant qu'elles ne soient commises. Et de citer un exemple: si un père constate que son fils se radicalise et veut partir rejoindre le groupe terroriste EI, il faut alors lui retirer son passeport. Car sans ce sésame, il devient beaucoup plus compliqué de prendre l'avion ou de quitter l'espace Schengen, explique-t-elle. D'ailleurs, elle le reconnaît: sans les accords de Schengen, la Suisse serait moins bien protégée du terrorisme. «Nous ne recevrions plus d'importantes informations.»

De quels instruments supplémentaires la police devrait-elle disposer contre le terrorisme? Simonetta Sommaruga répond: elle devrait pouvoir agir avant qu'un délit soit commis. «Nous pourrions mettre sur pied une forme d'obligation de déclarer des suspects.» Mais elle s'en rend bien compte: impossible d'emprisonner quelqu'un s'il n'a pas commis d'infraction.

«C'est un grand dilemme», reconnaît-elle. Elle souligne cependant: toute personne faisant de la propagande pour L’État islamique se rend punissable. Celle qui part combattre pour un groupe terroriste et en revient est aussi passible de prison. Et toutes celles qui prépareraient des actes terroristes peuvent également être arrêtées, note-t-elle.

Simonetta Sommaruga précise encore: «500 personnes montrent leur sympathie pour l'EI sur Internet en Suisse. Elles sont dans notre radar. Et près de 60 font l'objet d'une procédure. Le nombre de personnes vraiment dangereuses se situe donc entre ces deux chiffres.»

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