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De retour du NigerSommaruga: «Ce voyage a été lourd, éprouvant»

Dans le vol au retour d'Agadez, la conseillère fédérale a confié ses impressions après la visite d'un centre de migrants.

«Ce voyage a été lourd, éprouvant. J'ai rencontré des gens qui ont évoqué leurs parcours sur le chemin de la migration. Leurs récits m'ont touchée. Il était important de venir ici, de parler avec eux, car le mot 'migration' paraît souvent abstrait. Il y a des touches d'espoir lorsque des migrants reconnaissent le travail de l'OIM sur place», a confié Simonetta Sommaruga après la visite du centre de migrants de l'Organisation internationale des migrations (OIM).

Parfois entourée de dizaines de migrants, certains prolixes, la délégation suisse a pu recueillir sur place de nombreux témoignages. «J'ai entendu des personnes qui ont trouvé refuge ici avant-hier (mardi). J'ai perçu leurs difficultés physiques et psychiques. A quel point aussi ils sont contents de pouvoir compter sur ce centre dans lequel ils se sentent en sécurité», a indiqué la conseillère fédérale en charge du Département fédéral de justice et police (DFJP).

La Libye «déstabilise la région»

«Nous savons que la situation en Libye est épouvantable, mais en venant ici nous en avons appris encore davantage sur les centres de détention libyens, parfois gérés par des milices. Il n'y a aucune autorité pour les contrôler», note Simonetta Sommaruga.

«Je suis souvent en contact à ce propos avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). En Tunisie, j'ai pris langue avec des organisations internationales pour obtenir plus d'informations. A Agadez, des migrants m'ont aussi dit tout ce qu'ils ont enduré en Libye», ajoute-t-elle.

«J'ai eu au Niger la confirmation que la migration a finalement toujours existé en Afrique. Une migration consécutive à la pauvreté. Les gens transitent d'un pays à l'autre pour travailler quelques mois et empocher quelques sous avant de retourner chez eux. Cette migration perdure», note Sommaruga. «Mais ce qui a fondamentalement changé dix ans après mon dernier voyage au Niger (pour Swissaid, ndlr), c'est aujourd'hui la situation en Libye qui déstabilise toute la région», s'inquiète la cheffe du DFJP.

«Boko Haram n'était pas encore aussi présent au Nigéria. Rappelons que le Niger compte actuellement plus de 200'000 réfugiés du Nigéria voisin, des habitants fuyant les exactions de Boko Haram. Sans oublier les troubles au Mali, autre pays voisin. La pression sur le Niger est énorme», affirme-t-elle.

Dialogue possible

En matière de développement, la Suisse appuie depuis 40 ans des projets de coopération avec le Niger. «Nous travaillons de concert avec les Nigériens. C'est un atout», affirme Simonetta Sommaruga. «En matière de coopération, nous restons attachés à la décentralisation, c'est-à-dire au fait de rendre du pouvoir aux populations dans les régions, de les responsabiliser. Les autorités à Agadez ont apprécié notre approche.»

La conseillère fédérale a aussi pu observer que «le dialogue n'était pas rompu» entre les ONG locales et le pouvoir à Niamey. «On peut avoir une attitude critique au Niger. Ce n'est pas le cas partout», conclut-elle.

ats

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