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Cabinets médicaux«Nous souhaitons pouvoir maîtriser les coûts»

Alain Berset veut donner plus de compétences aux cantons pour fixer le nombre de médecins étrangers sur leur sol. Des médecins qui devront aussi être mieux formés. Interview.

Alain Berset a présenté le projet du Conseil fédéral pour l'admission des médecins en Suisse.
Alain Berset a présenté le projet du Conseil fédéral pour l'admission des médecins en Suisse.
Keystone

Le moratoire sur l'ouverture de cabinets médicaux, qui échoit fin juin 2019, devrait céder la place à un nouveau système de régulation. Les cantons fixeront le nombre maximal de médecins remboursés par l'assurance de base. Les exigences pour pratiquer seront renforcées, notamment en termes de formation et de connaissances linguistiques. Explications avec le conseiller fédéral en charge de la santé, Alain Berset.

Redaktion Tamedia: Vous voulez donner plus de compétences aux cantons. Pourquoi?

Alain Berset: Ce sont eux qui sont les mieux placés pour gérer la situation sur le terrain. Ce que l’on prévoit, c'est de pouvoir garantir un bon approvisionnement en matière de santé, que les gens puissent disposer de ce dont ils ont besoin sans souffrir de manques, sans avoir non plus trop de médecins dans une spécialité donnée. Parce qu’alors là, cela n’améliorerait en rien la situation en termes de qualité et d’accès aux soins, mais cela pourrait faire monter les coûts. Et nous souhaitons pouvoir maîtriser ces coûts.

La droite du Parlement aurait aussi voulu une éventuelle levée de l’obligation de contracter (ndlr: laisser aux assureurs le libre choix des médecins dont ils vont rembourser les prestations). Vous n’avez pas souhaité entrer en matière avec votre projet?

Ce sont des réflexions très pragmatiques qui nous ont conduit à ce projet. Selon le Conseil fédéral, une levée de l’obligation de contracter n’a pas de chance actuellement. Si on veut vraiment avoir les coûts sous contrôle - et pas simplement mener des débats qui n’aboutissent à rien de concret - on doit tenir compte de l’avis de la population. Et cet avis a été exprimé de manière très claire en 2012. Le projet dit «managed care» à l’époque, qui prévoyait une levée très modérée de l’obligation de contracter, a été rejeté à plus de 75%. C’est énorme pour un projet qui sort du Parlement. Je ne crois pas que 5 ans plus tard, ce soit un chemin à suivre pour avoir sous contrôle les coûts de la santé.

Vous voulez exiger plus de formation et de meilleures connaissances des langues. Est-ce une manière de limiter le nombre de médecins étrangers qui s'installent en Suisse?

Oui d'une certaine manière, même s’il faut reconnaître que nos médecins étrangers viennent pour la plupart des pays voisins. Et ils maîtrisent parfaitement au moins l’une de nos langues nationales. Mais il est vrai que pour ceux qui viennent de plus loin, il est très important de pouvoir garantir une bonne communication entre patients et médecins. Sans celle-ci, pas de diagnostic, pas de traitement possible. C’est la raison pour laquelle le Parlement nous a suivi avec l’augmentation des exigences en matière linguistique. C’est également le cas pour la formation en général et pour la connaissance du système de santé suisse que doivent avoir les médecins étrangers qui s’installent chez nous. Nous attendons donc que les formations soient faites dans ce sens.

Le Parlement a reconduit jusqu'en 2019 le moratoire pratiqué de 2001 à 2011. Et en décembre 2015, il a rejeté un projet visant à inscrire définitivement dans la loi la question des admissions. En quoi votre solution pourrait-elle cette fois trouver une majorité?

L’espoir fait vivre et nous ne nous arrêterons pas avant d’avoir trouvé une solution stable pour contrôler les coûts dans le domaine ambulatoire! Le Parlement ne souhaite pas de solution provisoire, mais il a toujours adopté des solutions transitoires. Il faut bien une fois qu’il sorte de cette situation un peu compliquée. Je crois que nous avons montré avec notre projet comment nous pouvons le faire, en contrôlant les coûts tout en privilégiant la qualité.

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