Passer au contenu principal

Votation 23 septembreLa souveraineté alimentaire au cœur de la votation

L'avenir de nos assiettes sera décidé le 23 septembre. Uniterre préconise des aliments issus d'une agriculture, durable régionale et sans OGM. Irréaliste, jugent ses opposants.

Faut-il garantir la souveraineté alimentaire dans la Constitution suisse? Réponse le 23 septembre.

Une agriculture durable, régionale et sans OGM: c'est ce que revendique l'initiative populaire du syndicat paysan Uniterre sur laquelle les Suisses se prononcent le 23 septembre. Elle veut garantir la souveraineté alimentaire dans la constitution. Le projet est dangereux, clament ses opposants. Un message qui commence à faire son chemin dans le cœur de nos citoyens. En effet, ils ne sont plus que 53% (43% de non) à approuver le texte selon un sondage Tamedia paru le 29 août, contre 62% de oui (34% de non) début août. Explications.

Que demande l'initiative?

Uniterre demande à ce que l'on inscrive dans la Constitution le principe de la souveraineté alimentaire. Le syndicat paysan demande que la Confédération favorise notamment «une agriculture paysanne indigène rémunératrice et diversifiée, fournissant des denrées alimentaires saines et répondant aux attentes sociales et écologiques de la population». L'initiativeveut que soient bannis les OGM. Les agriculteurs devraient en outre produire de manière écologique et pouvoir commercialiser eux-mêmes les semences. Le rôle des petits paysans dans l'approvisionnement des denrées alimentaires serait renforcé, notamment à travers la vente directe. Enfin, afin de favoriser une production conforme aux normes suisses, Berne devra prélever des droits de douane sur les produits agricoles et les denrées alimentaires importés non conformes et pourra en interdire l’importation.

Quels sont les arguments des initiants?

Deux à trois fermes disparaissent chaque jour, justifie Uniterre. Le revenu agricole a diminué de 30% et plus de 100'000 emplois ont disparu. En outre, la Suisse dépend de plus en plus des importations pour l'alimentation, et notre santé se dégrade face à la perte de qualité de notre nourriture. La soif de grandeur des multinationales se fait au détriment des paysans locaux que ce soit en Suisse ou à l'étranger, estiment les initiants. Empêcher ces sociétés d'avoir une mainmise sur l'agriculture permettra aux pays de se développer comme ils le souhaitent, selon eux.

Que dit le Conseil fédéral?

Le ministre Johann Schneider-Ammann juge l'initiative «inacceptable». Selon lui, elle va à l'encontre de la politique agricole de ces 20-30 dernières années. Si les citoyens acceptent le texte, la Suisse perdra sa compétitivité et le prix des aliments va grimper, prévient-il. En outre, les citoyens auront moins de choix en termes de nourriture. Quant à la disparition des paysans, le Bernois estime qu'avec un taux de 2,5% de restructuration dans le monde agricole, c'est encore socialement acceptable.

Que disent les paysans?

Un comité d'agriculteurs de droite a dit craindre l'intrusion grandissante de l'Etat dans l'agriculture et la relégation des paysans au simple rang d'exécutants. Pour eux, le texte contient trop de normes qui conduiront à plus de bureaucratie. Les paysans producteurs seront encore plus sous pression, estiment-ils. Ils craignent également un renchérissement des prix pour les consommateurs. L'Union maraîchère suisse est également opposée à l'initiative. Mais l'Union suisse des paysans ainsi que l'association romande Agora, qui réunit les chambres d’agriculture cantonales, laissent la liberté de vote.

Et les partis politiques?

La droite, soit l'UDC, le PDC, le PLR et le PBD rejettent le texte dont les demandes sont «louables mais peu réalistes», estiment-ils. En outre, l'initiative menace les emplois et générerait trop de réglementations. Les Vert'libéraux la refusent également. Le PS et les Verts l'acceptent en revanche, estimant que c'est la réponse «au principe néfaste du libre-échange, qui favorise une production d'aliments hautement commercialisée et industrialisée au détriment de l'agriculture».

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.