Avec son sprinter et son Poulidor, Fribourg se hisse à la tête du pays

Suisse 2018 verra la double présidence de Dominique de Buman et d’Alain Berset. Deux figures au parcours distinct mais parallèle.

En 2018, les deux Fribourgois Alain Berset (g.) et Dominique de Buman (dr.) accéderont aux fonctions suprêmes du pays.

En 2018, les deux Fribourgois Alain Berset (g.) et Dominique de Buman (dr.) accéderont aux fonctions suprêmes du pays. Image: Keystone

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Deux Fribourgeois vont diriger la Suisse l’an prochain. Le PDC Dominique de Buman devrait accéder au perchoir du Conseil national le 27 novembre. Et quelques jours plus tard, le 6 décembre, c’est le socialiste Alain Berset qui devrait être élu à la présidence de la Confédération. Issus des deux grands partis du canton, les deux hommes n’ont pas que leur origine en commun. Leurs chemins se sont régulièrement croisés à Berne. Portraits croisés à travers cinq étapes.


Membres de la «dream team»

Surdoué de la politique, Alain Berset brûle les étapes. En 2003, il a tout juste 30 ans quand il accède au Conseil des Etats. La rapidité, l’ancien champion d’athlétisme connaît. La même année, Dominique de Buman débarque lui aussi à Berne, mais au National. Il a déjà 47 ans, une carrière comme président de Fribourg et une autre comme député.

Malgré leur différence d’âge, tous deux appartiennent à cette génération qui a formé la «dream team» fribourgeoise des années 2000. Avec les PDC Urs Schwaller et Thérèse Meyer, le PS Christian Levrat ou encore l’UDC Jean-François Rime, la députation est alors considérée comme l’une des plus influentes sous la Coupole.

Les deux hommes prennent du galon. Dominique de Buman accède à la vice-présidence du PDC en 2004. Quatre ans plus tard, Alain Berset s’empare de la présidence du Conseil des Etats.


Les rapports à la présidence

Avec ce coup d’accélérateur, tous deux deviennent des poids lourds du parlement. Ils ont un profil modéré. Dominique de Buman est issu de l’aile sociale du PDC, alors qu’Alain Berset est considéré comme un centriste au sein du PS. Un positionnement qui les confronte rapidement à des situations différentes au sein de leur parti.

Alain Berset forme avec son président de parti Christian Levrat un duo aussi efficace que complémentaire. Par contre, Dominique de Buman est régulièrement isolé face à l’aile libérale du PDC. Pire, il passe pour le souffre-douleur de Christophe Darbellay. Pourtant le Valaisan s’entend très bien avec un autre Fribourgeois: Urs Schwaller, président du groupe.


L’épreuve du Conseil fédéral

C’est la croisée des chemins. Soutenue par son parti, la carrière politique d’Alain Berset s’envole. Il est retenu avec Pierre-Yves Maillard pour la course à la succession de Micheline Calmy-Rey, et goûte à la consécration en devenant l’un des sept Sages. Nous sommes en 2011, il n’a pas encore 40 ans.

De son côté, Dominique de Buman affronte une longue traversée du désert. Deux ans plus tôt, prenant tout le monde de court, il avait tenté, lui aussi, sa chance au Conseil fédéral. Mais le PDC, qui cherchait à reconquérir un deuxième siège, avait préféré miser sur un autre Fribourgeois, l’Alémanique Schwaller. Au final, ce dernier échouera face à Didier Burkhalter, mais le divorce est consommé.

Dominique de Buman subit une nouvelle déconvenue en 2015. Pour la course au Conseil des Etats, le Poulidor fribourgeois s’incline face à Beat Vonlanthen.


La défense des minorités

En se présentant au Conseil fédéral, mais aussi au Conseil des États, Dominique de Buman voulait défendre un siège romand. Pas étonnant pour celui qui fut pendant des années le très engagé président d’Helvetia Latina. A Berne, il se bat avec acharnement pour défendre les minorités linguistiques.

C’est d’ailleurs un point commun qu’il partage dorénavant avec Alain Berset. Celui qui dirige le dicastère de la culture s’est trouvé empêtré ces derniers mois dans une guerre des langues, qu’il a lui-même envenimée en remettant certains cantons alémaniques à l’ordre.


La double consécration

La présidence de l’Assemblée fédérale est un poste souvent considéré comme lot de consolation pour les candidats malheureux au Conseil fédéral. Dominique de Buman rivalisera ainsi avec Alain Berset, qui en tant que président de la Confédération, sera la référence suisse à l’extérieur du pays.

Créé: 29.10.2017, 17h16

Deux fêtes et un double casse-tête

Qui, du président de l’Assemblée fédérale ou du président de la Confédération, est plus important dans la hiérarchie fédérale? Réponse: cela dépend des circonstances.

Selon la Constitution, l’Assemblée fédérale est l’autorité suprême de la Confédération. Elle est mentionnée avant le Conseil fédéral. Ce dernier est toutefois l’autorité exécutive de référence. Ainsi, en tant que premier citoyen du pays, Dominique de Buman l’emporte en termes de légitimité populaire. Par contre, vis-à-vis de l’extérieur, le chef d’Etat, c’est bel et bien Alain Berset!

Pour ses deux présidents, Fribourg ne pourra pas se contenter d’une seule fête. En effet, celle de Dominique de Buman est agendée au 29 novembre, bien avant l’élection d’Alain Berset. Ce dernier ne se rendra dans son canton que le 14 décembre. Cinq cents personnes devraient participer aux deux apéritifs, et près d’un millier aux banquets officiels.

Coûts des festivités? 200 000 francs pour chaque fête. Car si l’objectif est d’éviter un copier-coller entre les deux manifestations, il serait malvenu que le Canton dépense plus pour l’une que pour l’autre. Comme pour la fondue, les honneurs officiels se feront «moitié-moitié».

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