Stéphane Peiry veut faire gagner l’UDC à Fribourg

ElectionsFort d’une alliance bourgeoise inédite, le parti agrarien espère revenir au gouvernement cantonal. Scrutin le 6 novembre.

Le député Stéphane Peiry, 46?ans, est l’unique candidat de l’UDC à l’élection du Conseil d’Etat fribourgeois. Le parti n’y est plus représenté depuis vingt ans.

Le député Stéphane Peiry, 46?ans, est l’unique candidat de l’UDC à l’élection du Conseil d’Etat fribourgeois. Le parti n’y est plus représenté depuis vingt ans. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L’UDC fera-t-elle son retour au Conseil d’Etat fribourgeois? C’est l’un des enjeux des élections cantonales, agendées au 6 novembre. Le parti agrarien est absent du gouvernement cantonal depuis le départ de Raphaël Rimaz en 1996. Or il constitue désormais la première force politique du canton, après avoir raflé un quart des suffrages lors de l’élection du Conseil national en 2015. L’UDC fribourgeoise occupe par ailleurs 20 des 110 sièges du Grand Conseil. De quoi aiguiser son appétit pour un poste à l’Exécutif.

L’homme chargé de concrétiser cette ambition s’appelle Stéphane Peiry. Cet expert-comptable peut se targuer d’une expérience de dix ans au parlement fribourgeois, où il siège à la Commission des finances et de gestion. Amoureux des chiffres, propriétaire d’une fiduciaire à Fribourg, il a également été membre du Législatif de la Ville. A 46 ans, il n’a en revanche jamais occupé de fonctions dans un Exécutif. Un handicap? L’intéressé estime que non. «Ma responsabilité de chef d’entreprise vaut tout autant», tranche-t-il.

Priorité aux emplois

L’unique candidat de l’UDC ne part pas seul au combat. Pour la première fois de l’histoire du canton, le PDC, le PLR et l’UDC font liste commune. La droite bourgeoise veut ainsi renforcer sa majorité en conquérant un cinquième fauteuil, au détriment de la gauche – qui en détient trois actuellement. Stéphane Peiry refuse d’y voir une alliance forcée: «C’est une continuité de ce qu’on vit au Grand Conseil. Sur les grands dossiers qui engagent l’avenir du canton, nos trois groupes se retrouvent.»

Le gouvernement actuel? Aux yeux du député Peiry, «il a bien travaillé durant cette législature, à une exception près». Ce fils de paysan n’est pas tendre à l’égard de Marie Garnier, la ministre écologiste en charge des Institutions et de l’Agriculture. «Elle n’a pas trouvé le costume de conseillère d’Etat, estime-t-il. Plusieurs des projets qui lui étaient confiés ont pris un énorme retard.»

Le poulain UDC et ses colistiers du centre droite annoncent la couleur: Fribourg doit axer sa politique sur le développement économique et créer les emplois qui lui font défaut. «Notre croissance démographique est réjouissante, mais un habitant sur quatre quitte tous les jours le canton pour aller travailler», se désole Stéphane Peiry. Pour y remédier, le Canton devrait, selon lui, consacrer une partie de sa fortune à l’acquisition de terrains stratégiques et réformer sans tarder sa fiscalité de manière à attirer des entreprises à haute valeur ajoutée.

Haro sur l’aide sociale

L’agrarien se qualifie lui-même de «déterminé, rigoureux et à l’écoute des gens». Très à l’aise avec la ligne de son parti, il cite la sécurité parmi ses thèmes de campagne. «Il faudra intensifier le contrôle des associations proches des milieux islamistes radicaux», lance-t-il. L’expert-comptable se méfie aussi des dépenses de l’aide sociale. Il promet de s’attaquer à certaines mesures d’insertion, «parfaitement inefficaces et inadmissibles».

Dans le climat d’austérité budgétaire actuel, Stéphane Peiry souhaiterait par ailleurs réorienter la politique de subventionnement de la culture. «Le Canton soutient une création artistique qui, bien souvent, ne s’adresse qu’à un public restreint, alors qu’il délaisse les sociétés qui font vivre nos villages.» Enfant de Treyvaux installé en ville de Fribourg, le député pense aux sociétés de chant, de théâtre ou encore aux fanfares. Pour elles, n’hésite-t-il pas à dire, il faut changer la loi.

Créé: 20.10.2016, 21h52

La gauche mise sur l'expérience

L’élection du gouvernement fribourgeois est marquée par le départ de deux routiniers de la politique: Beat Vonlanthen (PDC), désormais au Conseil des Etats, et Erwin Jutzet (PS). De quoi chambouler la composition actuelle de l’Exécutif (3 PDC, 1 PLR, 2 PS et 1 écologiste)? C’est à voir. Attaquée frontalement par l’Entente bourgeoise, la gauche ne va pas se laisser manger toute crue. Elle aussi joue l’unité, avec une liste de cinq candidats expérimentés: les conseillères d’Etat sortantes Anne-Claude Demierre (PS) et Marie Garnier (Verts), le conseiller national Jean-François Steiert (PS), l’ex conseillère nationale Ursula Schneider Schüttel (PS) et la députée Bernadette Mäder Brülhart (Centre Gauche-PCS).

Le ticket du centre droite, lui, est exclusivement masculin – une faiblesse aux yeux de nombre d’observateurs. On y trouve six candidats, dont trois ministres sortants (les démocrates-chrétiens Georges Godel et Jean-Pierre Siggen, le libéral-radical Maurice Ropraz). A leurs côtés figurent le député Stéphane Peiry (UDC), l’actuel vice-chancelier de l’Etat de Fribourg, Olivier Curty (PDC), et le chef du groupe PLR au Grand Conseil, Peter Wüthrich. En vertu d’une alliance signée en 2013, seuls cinq de ces candidats pourront être en lice au deuxième tour de l’élection – et les trois partis devront y être représentés.

Trois candidatures marginales complètent la grille de départ: la Vert’libérale Irene Bernhard et deux trublions du fraîchement constitué Parti des artistes, Jessica Goodwin et Claudio Rugo.

Articles en relation

«Il faut éviter de faire de Fribourg un canton dortoir»

Elections cantonales Le conseiller national socialiste Jean-François Steiert espère succéder à Erwin Jutzet au gouvernement fribourgeois. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 22 août 2019
(Image: Bénédicte ) Plus...