Les stratégies des jeunes pour gérer leur temps de mobile

Téléphones portablesUne étude fédérale révèle comment la jeune génération lutte contre les effets négatifs de la connexion permanente.

Image: UNSPLASH

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On est peut-être loin de l’image qu’on se fait habituellement du jeune écervelé, perdu dans le monde virtuel. Les jeunes gens «connectés partout et en permanence» se fixent aussi plus de règles concernant leur utilisation que ceux qui se connectent moins intensément et de façon moins diversifiée. C’est ce que révèle le rapport «Always on», présenté ce lundi à Berne par la Commission fédérale pour l’enfance et la jeunesse (CFEJ).

«Les jeunes se posent beaucoup de questions sur les conséquences de la connexion permanente, affirme Sami Kanaan, président de la CFEJ et conseiller administratif à la Ville de Genève. Ils réfléchissent beaucoup à leur usage d’internet et disposent d’un riche bagage d’expériences en lien avec cette connexion permanente. Il ne s’agit pas de sous-estimer les problèmes qui peuvent découler d’une utilisation intensive, mais de mettre en évidence l’importance et l’utilité de les impliquer dans les discussions et les décisions à ce sujet. Leur expertise est précieuse.» L’utilisation intensive des médias numériques va souvent de pair avec un questionnement sur les effets positifs et négatifs.

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Les 16-25 ans se montrent-ils absolument positifs ou tout à fait négatifs dans leur relation au monde virtuel? La réponse d’Olivier Steiner, professeur à l’Institut d’aide à l’enfance et à la jeunesse, qui a contribué à l’étude, est on ne peut plus nuancée: «Le monde des jeunes connectés est absolument partagé, il y a ce qu’on appelle l’ambivalence.» La moitié des jeunes éprouve la connexion permanente comme essentiellement positive. L’autre moitié comme positive et négative à la fois; là réside justement l’ambivalence. Presque aucun jeune ne perçoit cette manière de consommer comme totalement négative.

Vers l’autorégulation?

Dans les faits, un ado sur quatre devient nerveux s’il n’est pas connecté à internet durant un certain temps. Alors ces jeunes ont adopté des stratégies d’autorégulation car ils sont une bonne majorité (70%) à «se poser des questions sur les conséquences d’internet sur la société». Pour y répondre, la génération Z a développé des astuces. L’étude de la CFEJ montre que ce sont les méthodes concernant le téléphone portable qui sont le plus répandues. Les jeunes décident de se déconnecter à certaines heures ou de se fixer des limites au temps qu’ils passent en ligne. L’enquête donne un chiffre éloquent: 95% des jeunes utilisent au moins l’une de ces stratégies de régulation pour faire face aux nombreuses sollicitations en ligne: «Je n’utilise pas mon téléphone quand je veux me concentrer sur autre chose» (77%), «J’ai déjà supprimé une application parce que j’y passais trop de temps» (62%), «Je désactive les fonctions de notifications» (49%).

De cette autodiscipline, il faut relever qu’il subsiste une différence notable entre les adolescents (16-20 ans) et les jeunes adultes (21-25 ans), les premiers se fixant plus souvent leurs propres règles que les seconds. En sus, les étudiants qui fréquentent des écoles avec des exigences élevées s’imposent plus régulièrement une limite du temps d’utilisation que les autres.


Que font les parents pour limiter les temps de connexion au sein de leur famille?


Créé: 26.08.2019, 17h18

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