Berne va aider l'Argentine à traquer les pots-de-vin de Menem

JusticeL'ancien président argentin Carlos Menem est soupçonné d'avoir dissimulé en Suisse des fonds issus de pots-de-vin. Le Tribunal fédéral a estimé que l'entraide judiciaire était possible.

L'ancien président argentin Carlos Menem (1989-1999) avec sa fille Zulema lors de l'audience à Buenos Aires le 2 septembre.

L'ancien président argentin Carlos Menem (1989-1999) avec sa fille Zulema lors de l'audience à Buenos Aires le 2 septembre. Image: Keystone

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La justice argentine va enfin pouvoir lever le voile. Elle savait depuis longtemps que l'ancien président Carlos Menem et son entourage disposaient de comptes bancaires en Suisse mais elle va désormais savoir quels montants s'y cachait et comment cet argent a été transféré.

Les documents devraient être transférés à Buenos Aires dans les prochains jours, où trois juges les attendent avec impatience. Ils ont déjà interrogé lundi l'ancien président et 20 autres témoins. Carlos Menem a clamé son innocence, qualifiant les accusations de «sans fondement»

L'ancien président avait cherché à empêcher la livraison de données bancaires, mais son recours avait essuyé un échec en janvier, lorsque le Tribunal fédéral l'avait débouté. L’acompte exigé par l'instance était arrivé un jour après la date limite.

Environ à 25 millions de dollars

Le transfert est la suite logique de la décision du Tribunal pénal fédéral à Bellinzone qui avait décidé le 18 juillet 2013 de valider l'entraide judiciaire avec l'Argentine, même si les comptes en question ont été bouclés et leurs dépôts transférés, explique le Tages-Anzeiger.

La justice argentine s'intéresse à un compte ouvert au début octobre 2004 et alimenté à hauteur de 1,2 million de francs. Ce même compte était fermé peu après par Carlos Menem et son contenu transféré avec les États-Unis après un détour sur le compte de l'avocat genevois de l'ex-président. Pour les autorités argentines, cet argent est le fruit d'un cas de corruption datant de 1997, impliquant le groupe français Thales.

Ce dernier avait reçu une concession qui lui permettait d'exploiter jusqu'en 2012 des réseaux de téléphonie mobile. Selon les juges argentins, 25 millions de dollars auraient alors changé de mains. Cette somme aurait été transférée à Genève avant d'être répartie entre un lacis de sociétés en Irlande, de centres offshore dans les Caraïbes et de fondations au Liechtenstein. Des contrats fictifs ont été créés à cette occasion pour justifier les transferts à Carlos Menem et à ses proches.

L'immunité jusqu'en 2017

Thalès voit sa concession révoquée en 2004 par le président Nestor Kirchner qui diligente une enquête en raison des soupçons croissants de corruption. Une première entraide est accordée par la Suisse en 2009, concernant principalement les anciens collaborateurs de l'ex-président.

A Genève, l'avocat de longue date de Carlos Menem, Pascal Maurer, recourt contre la décision d'accorder l'entraide judiciaire, invoquant le secret liant un avocat à ses clients, mais sans succès. Il n'a pas voulu s'exprimer au Tages-Anzeiger. Toutefois, son client n'a rien à craindre, dans l'immédiat du moins, puisqu'en tant que sénateur, il jouit encore de l'immunité parlementaire. Jusqu'en 2017 en tout cas.

Créé: 04.09.2013, 10h44

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