«La Suisse doit mesurer les risques des OGM à long terme»

SantéAlertés par l'étude française qui met en évidence des tumeurs chez les rats, les Verts interpellent le Conseil fédéral. Et demandent que la Suisse reprenne le dossier. Interview d'Adèle Thorens, coprésidente du parti écologiste.

Pour Adèle Thorens, il y a lieu d'appliquer le principe de précaution.

Pour Adèle Thorens, il y a lieu d'appliquer le principe de précaution. Image: Laurent Crottet/Keystone

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Des rats avec des tumeurs grosses comme des balles de ping-pong... Les résultats choc de l'étude sur les OGM menés par l'Université de Caen font réagir à Berne. Les Verts vont interpeller le Conseil fédéral. Et exiger que la Suisse mène une étude sur les effets à long terme des organismes génétiquement modifiés. Explications de la coprésidente du parti écologiste, Adèle Thorens.

24 heures - Pourquoi voulez-vous interpeller le Conseil fédéral sur les OGM?

Adèle Thorens: Le mois dernier, l'étude suisse du PNR59 donnait des résultats extrêmement rassurants. En gros il n'y a rien à craindre des OGM. Aujourd'hui une autre étude dit tout le contraire. Et ce n'est pas la première enquête étrangère qui se veut alarmiste. Nous pensons qu'il y a lieu de mener des investigations de longue durée sur la santé humaine. Nous allons d'abord interpeller le Conseil fédéral et, selon sa réponse, nous déposerons une motion ou un postulat par la suite.

24 heures - La Suisse a décrété un moratoire sur les OGM, qui restent interdits. N'est-ce pas suffisant?

Non, ce moratoire est très fragile. Le Conseil national va le prolonger mercredi prochain dans le cadre de la Politique agricole (PA) 2014-2017. La majorité est acquise. Mais si on l'inscrit dans la politique agricole, ce n'est que pour cinq ans, jusqu'en 2017. Nous devons mener un vrai débat démocratique sur la question. Cela exige de se baser sur une étude officielle de grande ampleur.

24 heures - La majorité des citoyens ne veut pas des OGM. Est-ce que cela ne garantit pas que ce genre de cultures reste interdit longtemps?

Cela pourrait changer si on en reste à l'étude du PNR59 et si on martèle qu'il n'y a aucun danger. Une minorité de droite fait déjà remarquer qu'il n'y a aucune raison de ne pas cultiver d'OGM. Les intérêts économiques en jeu sont énormes.

24 heures - Les partisans des OGM n'ont-ils pas raison de souligner qu'aucun impact sur la santé ou sur la mortalité n'a été mis en évidence dans les pays qui les autorisent?

Je crois que nous devons appliquer le principe de précaution. L'un des problèmes que posent les OGM, c'est qu'ils sont conçus pour une agriculture utilisant un maximum de pesticides. Or on connait mal les effets des cocktails de pesticides sur la santé. Mais il n'y a pas que la santé humaine en jeu: la question de l'impact sur l'environnement se pose.

(nxp)

Créé: 20.09.2012, 11h35

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La question de Manuel Tornare

Réaction. L'étude française fait aussi réagir le conseiller national socialiste Manuel Tornare.

Par écrit. Le Genevois a déposé une question écrite ce matin. Elle exige que le Conseil fédéral prenne «rapidement» position sur le sujet.

Bouger. «Je peux déjà imaginer que Johann Schneider-Ammann (ministre de l'Economie, ndlr) ne verra pas la nécessité de bouger. Mais nous n'allons pas en rester là, dit Manuel Tornare, et faire le maximum pour qu'il ne reste pas inactif.»

Dangereux. Manuel Tornare est pour sa part convaincu de la dangerosité des OGM et de leurs «effets désastreux» sur l'agriculture.

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