La BNS a dû payer 200 milliards pour le franc

ConjonctureMalgré la fin du taux plancher entre l'euro et le franc il y a 3 ans, la Banque nationale suisse a déboursé une somme colossale pour défendre notre monnaie.

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Souvenez-vous, c'était le 15 janvier 2015: la Banque nationale suisse (BNS) annonçait la fin du taux plancher de 1,20 franc pour 1 euro, un taux introduit en 2011 pour protéger l'économie suisse des risques d'une monnaie trop forte. C'est le choc dans le monde de la finance. Quelques minutes après l'annonce, 1 euro ne coûtait alors plus que 85 centimes et les firmes cotées chutaient à la bourse suisse.

Explication à l'époque de la Banque nationale suisse: maintenir le taux plancher était devenu beaucoup trop coûteux. Ils auraient en effet dû acheter des euros pour 100 milliards de francs. Mais, souligne le Blick lundi, la BNS n'a pas arrêté d'acheter des euros. Elle a dû même investir deux fois plus sans le taux plancher. Et le journal, qui a sorti sa calculette, a estimé que depuis son abolition, elle a dû débourser 200 milliards de francs pour que l'euro ne soit pas trop menaçant pour l'économie suisse.

Milliers de postes perdus

Un investissement colossal qui n'a servi à rien, estime le quotidien. En effet, suite à la décision de la BNS, les entreprises actives dans l'industrie d'exportation avaient dû supprimer des milliers de postes de travail pour se maintenir à flots. Des milliers de places qui ne reviendront pas, critique Oliver Adler, chef économiste au Credit Suisse. Car contrairement à la Suisse, les autres pays ont profité du taux bas de l'euro pour créer des places de travail, en particulier les pays de l'Est et l'Allemagne, selon lui.

Un avis que partage Marc Brütsch, chef économiste chez l'assureur Swiss Life. Il explique ainsi qu'en Allemagne, le nombre d'emplois dans l'industrie a augmenté de 10% depuis 2010, alors qu'en Suisse, il a baissé de 2%. «Il aurait été préférable de maintenir le taux plancher. Les postes de travail seraient restés en Suisse», estime-t-il.

Schneider-Ammann confiant

Mais, toujours dans le Blick, Johann Schneider-Ammann se montre quand même confiant pour les entreprises et pour l'économie suisses en général. L'industrie se remet du choc du franc fort et les touristes sont de retour en terres helvétiques, affirme le conseiller fédéral.

Les dernières années ont été brutales pour de nombreux entrepreneurs, explique lundi le ministre de l'économie dans une interview accordée au journal. Mais celui qui a su s'adapter à la situation peut désormais profiter d'une relance économique dans tous les marchés, complète Johann Schneider-Ammann.

Parallèlement, le Bernois lie cette reprise à un avertissement: le pays doit utiliser cet élan pour mener des réformes importantes, diminuer la bureaucratie et négocier de nouveaux accords de libre-échange. Et le ministre de faire explicitement référence à la réforme de la fiscalité des entreprises. Johann Schneider-Ammann appelle par ailleurs la population à se mettre à la numérisation et aux changements qui y sont liés, souligne-t-il.

Créé: 08.01.2018, 08h16

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