«10 000 euros de salaire par mois, une blague?»

CoiffeurGate Le salaire mensuel du coiffeur privé de François Hollande a été révélé ce mercredi. La corporation s’indigne, en France voisine et à Genève.

Laila Rkiza-Dulach, patronne du salon de coiffure 5th Avenue.

Laila Rkiza-Dulach, patronne du salon de coiffure 5th Avenue. Image: Pierre Abensur

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Ainsi, le coiffeur personnel de François Hollande perçoit un salaire mensuel brut de 9895 euros. La dernière révélation fracassante du Canard enchaîné peut aussi se convertir en francs suisses. Pour prendre soin (exclusivement) des cheveux du président, Olivier B. reçoit l’équivalent de 10 806 francs par mois.

Au sein d’une corporation réputée pour ses bas salaires et ses perspectives limitées, le montant à cinq chiffres de ce fonctionnaire capillaire fait bondir. «C’est une aberration, et c’est nous qui payons», fulmine Geneviève Bernard, présidente de l’Union nationale des entreprises de coiffure (Unec) dans l’Ain et coiffeuse indépendante. N’ayant pu lire les journaux de mercredi, elle découvre avec nous le montant qui tutoie les 10 000 euros. «C’est à peu près ce qu’on gagne… sur l’année. Même en tant que patronne», plaisante-t-elle, rappelant que les salaires débutent à 1100 euros et plafonnent souvent à 1500 euros dans une branche hyperconcurrentielle. Et la syndicaliste n’en a que faire des justifications de l’Elysée selon lesquelles «le coiffeur personnel du chef de l’Etat commence très tôt sa journée de travail, avec une grande amplitude horaire. Il recoiffe le président tous les matins et autant de fois que nécessaire, à chaque prise de parole publique, week-ends compris.»

De ce côté-ci de la frontière, la convention collective impose des minimums salariaux entre 3060 et 4020 francs, selon l’ancienneté. On est donc encore loin de la rémunération d’Olivier B. «Dix mille euros pour ne s’occuper que du président, c’est une blague?» peine à croire Laïla Rkiza-Dulach, responsable du salon 19th Avenue, aux Eaux-Vives. Si elle concède que des professionnels au service de stars peuvent empocher des sommes importantes, elle trouve «honteux» que l’on paie autant pour un contrat exclusif.

Enfin, il n’y a pas que la question de l’utilisation de l’argent public qui agite les coiffeurs. Lorsqu’il s’agit de juger la chevelure du président français, leur verdict d’experts est sans appel. «Ce n’est pas grand-chose, rien de très compliqué», fait savoir Christine Eyraud, qui dirige le salon C dans l’Hair à Bellegarde. «Basique», selon Laurent Mossière, d’Espace Tendance, à Divonne-les-Bains. «Je ne voterai pas pour lui, mais je veux bien le job avec un pareil salaire», ironise-t-il.

Quant à Geneviève Bernard, elle plaint finalement le pauvre coiffeur qui doit, chaque jour, embellir le président des Français. Non pas pour la médiatisation de sa fiche de paie, mais sa tâche quotidienne ne fait pas rêver. «Quel ennui, c’est peut-être pour ça que le président n’est pas très bien coiffé.»

Créé: 13.07.2016, 19h01

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