Des Genevois aident à voir la plus lointaine des étoiles

AstronomieL’astre le plus éloigné jamais aperçu de la Terre a été notamment scruté par des astronomes genevois.

 Le nom scientifique de l'étoile nest MACS J1149 2223 Lensed Star 1. Icare.

Le nom scientifique de l'étoile nest MACS J1149 2223 Lensed Star 1. Icare. Image: NASA, ESA, et P. Kelly

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N’essayez même pas d’imaginer la distance que cela représente. L’étoile dont on va parler ici se trouve à 9 milliards d’années-lumière de nous. Et une seule de ces années-lumière équivaut à 9460 milliards de kilomètres. C’est donc extrêmement loin. De fait, on n’avait jamais aperçu d’étoile aussi éloignée. La plus lointaine jamais repérée jusqu’ici était plus de cent fois plus proches de nous.

Cet objet céleste, les astronomes l’ont surnommé Icare, ce qui est tout de même plus sympathique que son vrai nom, à savoir MACS J1149 + 2223 Lensed Star 1. Des équipes de l’Université de Genève se sont associées aux efforts pour tenter, au moins visuellement, de s’approcher de ce très brûlant soleil. «Il fait environ 11000 degrés sur cette Supergéante bleue, indique Antonio Cava, maître assistant au département d’astronomie de l’UNIGE. Elle est environ deux fois plus chaude que notre soleil et sa masse est une dizaine de fois plus importante.» Et elle est plusieurs centaines de milliers de fois plus brillante!

Jusqu’ici, seules des Supernova, c’est-à-dire des étoiles qui explosent en fin de vie, n’avait pu être observées à une telle distance. C’est un hasard qui a permis cette trouvaille inédite. Les chercheurs étaient justement en quête d’une Supernova au moyen du télescope spatial Hubble, ils ont cru en avoir trouvé une, puis se sont rendus compte de leur méprise. Il s’agissait bien d’une étoile «normale» et en pleine santé. «Mais sa luminosité avait été augmentée d’environ 2000 fois par un phénomène dit de lentille gravitationnelle», explique Antonio Cava. Le passage d’un amas de galaxie, ou sans doute même d’une étoile de l’une de ses galaxies, dans l’axe de l’observation serait à l’origine de cet effet de loupe.

L’Université du Minnesota, qui a dirigé l’étude publiée lundi, s’est fait aider par des confrères à l’échelle internationale. L’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne a prêté main forte avec ses connaissances sur l’effet de lentille gravitationnelle. Réputée pour avoir découvert la première exoplanète en 1995, l’Université de Genève a pour sa part participé au suivi de l’observation d’Icare, traquée grâce au grand télescope des Canaries, situé sur l’île de La Palma dans l’archipel espagnol.

Au-delà de l’exploit relatif à l’éloignement record de l’objet observé, les investigations en cours font progresser la recherche fondamentale. «Les observations effectuées à différents moments de cette étoile ont été comparées aux théories que nous avions au sujet de la matière noire (ndlr, un ingrédient invisible de l’Univers), indique Antonio Cava. L’hypothèse selon laquelle elle serait composée essentiellement de trous noirs a pu être infirmée. Le fait d’exclure cette piste constitue déjà une avancée pour la science.» (24 heures)

Créé: 02.04.2018, 17h48

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