Économies: «Les élèves ordinaires seront prétérités»

ScolaritéDes cantons romands vont couper dans les budgets et le syndicat des enseignants s'inquiète des conséquences pour les élèves ordinaires. Vaud s'en sort bien avec peu de restrictions.

La BNS ne versera plus ses dividendes aux cantons en 2014: «Cela mène à des économies drastiques», regrette Georges Pasquier, président du syndicat romand des enseignants.

La BNS ne versera plus ses dividendes aux cantons en 2014: «Cela mène à des économies drastiques», regrette Georges Pasquier, président du syndicat romand des enseignants. Image: Keystone

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A la veille de la rentrée scolaire, le syndicat des enseignants romands (SER) tire la sonnette d'alarme: les économies prévues tous azimuts dans les budgets scolaires ne seront pas sans conséquence pour les élèves. Il appelle les cantons à renoncer à ces restrictions.

«Les élèves ordinaires seront prétérités»

«La situation est plus ou moins la même un peu partout en Suisse romande. On économise là où ça fait le moins mal, sans vision globale de la situation, sans véritable concertation avec les associations professionnelles et sans prendre en compte l'existant», a expliqué mardi à la presse le président du SER, Georges Pasquier.

Les élèves doués et bien encadrés s'en sortiront. Ceux qui ont un handicap reconnu par l'institution ne seront pas touchés par ces mesures afin de rester «politiquement correct». En bref, «ce sont les élèves ordinaires qui seront prétérités», affirme le président.

Une décision récente a particulièrement motivé les neuf associations romandes qui composent le SER à mettre ces économies au menu de leur conférence de presse: la suppression en 2014 du versement de dividendes aux cantons par la BNS. «Cela mène à des économies drastiques», regrette Georges Pasquier. Pour rappel, le manque à gagner total pour les cantons se monte à 667 millions de francs.

Vaud s'en sort

La situation variant dans chaque canton, le président du SER dresse un tableau peu détaillé des mesures d'économies prévues. Il souligne toutefois que seul le canton de Vaud est pour l'heure épargné par des coupes importantes. Reste qu'une pétition y a été déposée en juin en vue d'élargir l'enveloppe pédagogique.

«Valais est le moins bien loti avec des économies tous azimuts, notamment des suppressions de postes», poursuit-il. Dans l'ensemble Neuchâtel voit notamment une augmentation des effectifs d'élèves par classe, idem à Fribourg où des économies sur les salaires sont prévues.

Genève connaît une diminution du taux d'encadrement alors que l'introduction du mercredi matin à l'école est une grosse nouveauté. Dans le Jura, la situation n'est guère meilleure et les partenaires sociaux sont laissés sur le carreau. Quant au canton de Berne, il voit le nombre d'élèves par classe augmenter, déplore encore Georges Pasquier.

Alémaniques généreux

Chiffres à l'appui, Le SER a par ailleurs tenu à faire le point en prenant en compte la situation outre-Sarine. Il est parvenu au constat que, dans l'ensemble, les cantons y versent proportionnellement davantage pour l'école obligatoire.

Ainsi, pour l'année 2011-2012, aucun canton romand n'atteint la moyenne nationale des dépenses pour les rémunérations par élève de l'école obligatoire. Les coûts vont de 18'000 francs par élève à Bâle-Ville à moins de 11'000 francs à Neuchâtel, Fribourg ou en Valais. «Et cette différence ne s'explique pas par des salaires plus élevés chez les Alémaniques», coupe court Jean-Marc Haller, secrétaire général du SER.

De 2003 à 2012, outre-Sarine, le personnel enseignant a augmenté de 43%. La hausse est de 20% en Suisse romande, ajoute-t-il.

Nouvelle équipe

L'an dernier, lors de sa conférence de presse, le SER avait en outre fait part de son inquiétude devant le renouvellement de la majorité des sièges de la Conférence intercantonale de l'instruction publique de la Suisse romande et du Tessin. La nouvelle équipe allait-elle assurer et assumer?

Saluant le dialogue installé avec chacun des nouveaux membres, le syndicat ne les blâme pas. Il constate que «tous les nouveaux magistrats voient leurs volontés politiques et leurs espoirs passer sous le joug des contraintes budgétaires».

Et Georges Pasquier de lancer: «Il faut renoncer à ces économies sur l'école. C'est l'avenir de notre pays qui est en jeu!» (ATS/nxp)

Créé: 12.08.2014, 14h50

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