Genève envisage le transport de patients par drone

GenèveLe développement d’un prototype de drone ambulance de haute charge (deux tonnes) est à l’étude.

Le transport de personnes par drone n’est déjà plus une nouveauté. Ici un EHang 184 de fabrication chinoise.

Le transport de personnes par drone n’est déjà plus une nouveauté. Ici un EHang 184 de fabrication chinoise. Image: GETTY IMAGES

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De prime abord, cela a l’air complètement fou. Pourtant, c’est du sérieux. Le Conseil d’État a décidé de développer un prototype de drone ambulance à Genève! Pas pour acheminer des médicaments, mais bien des patients.

Certes, le transport de personnes par drone n’est plus une nouveauté. Des essais ont déjà été effectués en 2018 en Chine. Le projet genevois, d’ailleurs, ne date pas tout à fait d’hier. Il fait suite à une étude de faisabilité d’experts en aéronautique (le bureau Xpression) mandatés par le Canton, livrée en février 2019. Elle a mis en avant le fait que le cadre réglementaire suisse se prête à la mise sur pied d’un démonstrateur drone ambulance et de son suivi.

De quoi s’agit-il? De développer un prototype de drone ambulance de haute charge (deux tonnes). L’appareil serait destiné au transport non urgent de patients entre les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et l’Hôpital des Trois-Chêne. La pertinence d’un futur développement d’un drone entre les HUG et le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) sera évaluée ultérieurement.

Le projet est piloté par l’Office cantonal des transports. «Le concept de mobilité urbaine aérienne (Urban Air Mobility) est issu d’une impulsion de la Commission des transports de l’Union européenne, invitant plusieurs villes européennes à réfléchir sur ce nouveau mode de mobilité destiné à réduire la densité du trafic routier», détaille Virginie Robyr, cheffe de projets innovation.

Transfert de convalescents

Et de poursuivre: «Genève a développé l’idée d’un projet d’utilité publique par le choix du drone ambulance. On en est au stade de l’avant-projet. Avec cette décision du Conseil d’État, les partenariats peuvent être maintenant formalisés avec les hautes écoles (EPFL, Hépia), les HUG et les industriels. L’équipe de projet UAM devra procéder elle-même à des levées de fonds – en Suisse et dans l’Union européenne – qui permettront de financer la certification du prototype et sa réalisation, projetée pour 2024.»

Reste que de nombreuses questions se posent déjà, notamment en termes de sécurité. «L’aéronef ne sera en fonction que s’il répond aux critères de sécurité dans le cadre d’un transport plus rapide et plus confortable, précise Virginie Robyr. Et le choix du mode de transport reste un droit.» En d’autres termes, le patient pourra refuser d’être acheminé par drone. De quel patient parle-t-on? «Le contexte est celui du transport de patients hospitalisés pour soins sur un site et transférés pour convalescence. L’estimation pour ce type de transfert est de 10 000 par année.»

On l’a compris, ce n’est que le début de l’étude. Par exemple, l’épineux problème des assurances en cas de «pépin» a jusqu’ici été «considéré, mais pas étudié, poursuit la cheffe de projets. Les questions d’assurance sont l’un des points cruciaux du projet. D’autres enjeux (sécuritaires, environnementaux, agilité de l’aéronef) sont à relever.»

L’intérêt des HUG

Du côté des HUG, on souligne que «le projet est conduit par l’État, qui nous a proposé de nous associer au niveau de la réflexion, et nous en sommes ravis, relève leur porte-parole, Nicolas de Saussure. Comme nous avons huit sites dans le canton, cela peut être intéressant. Mais cela pose d’emblée quelques problèmes.»

Un exemple? «L’accompagnement des personnes. Dans une ambulance, le patient n’est pas seul, ce qui est important en termes de sécurité et de soutien. Par ailleurs, il faudra également se pencher sur la question des coûts.» Puisqu’on évoque les milieux de la santé, précisons que le mois passé, un jury international a décerné le Prix de l’innovation à la Fédération suisse des directeurs d’hôpitaux, pour l’utilisation d’un drone. Celui-ci sert à acheminer, depuis 2017, des échantillons de laboratoire entre deux hôpitaux tessinois. Mais pas des patients…

Revers pour La Poste

Il faut enfin relever que des drones de transport volent déjà dans le ciel suisse, sous l’égide de La Poste. Qui a connu de sérieux revers dernièrement. Le 25 janvier, un drone postal acheminant des échantillons de sang est tombé dans le lac de Zurich. Et le 9 mai, un appareil de 10 kilos qui effectuait un vol entre l’université et l’Hôpital universitaire de Zurich s’est écrasé dans une forêt.

Créé: 02.10.2019, 22h20

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