L'auteur du double homicide écope de 20 ans de prison

Les VerrièresLa justice neuchâteloise a condamné, vendredi, un accusé pour l'assassinat de son ancienne compagne et du nouvel ami de celle-ci.

Le Tribunal criminel de Boudry a rendu son verdict dans le procès du double homicide aux Verrières.

Le Tribunal criminel de Boudry a rendu son verdict dans le procès du double homicide aux Verrières. Image: Keystone

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L'auteur du double homicide des Verrières (NE) en août 2017 a écopé de 20 ans de prison. Le Tribunal criminel de Boudry l'a reconnu coupable vendredi de l'assassinat de son ancienne compagne et du nouvel ami de celle-ci. La thèse du crime passionnel a été rejetée.

Le Tribunal criminel du Littoral et du Val-de-Travers a retenu la thèse du double assassinat, plaidée par le Ministère public et les parties plaignantes. «La préméditation du prévenu s'est construite au fil de sa consommation d'alcool», a déclaré la présidente du tribunal, Estelle Mathis Zwygart.

L'accusé a proféré des menaces de mort la veille du drame et donné des coups au nouveau compagnon de son ex-femme. Quelques heures avant le drame, il a déclaré à des amis «Une balle et c'est fini» en parlant de ce dernier, puis il a attendu le retour du couple au domicile de son ex-compagne.

«Le prévenu avait pris la décision de tuer quand il est parti de chez lui», a ajouté la présidente du tribunal. Il était rempli de haine, de jalousie et voulait rétablir son honneur. «Même avec de l'alcool dans le sang, il a fait preuve de froideur et est resté très calme», note-t-elle.

La Cour estime qu'il a agi de façon particulièrement «odieuse». Le premier homicide - où l'amant a été tué - ne l'a pas arrêté. De plus, après le premier coup de feu tiré sur son ex-compagne avec une arme de poing, l'accusé a fait «preuve d'absence de scrupules pour l'achever», une dizaine de minutes plus tard.

Pour Estelle Mathis Zwygart, la faute du prévenu est «lourde», même si sa responsabilité est légèrement atténuée. L'accusé a «une approche égocentrique et rejette les fautes sur les autres». La Cour n'a donc pas retenu ses remords, «faute de sincérité».

Escalade de la violence

Le procureur Marc Rémy avait aussi plaidé mercredi le double assassinat, mais contrairement à la Cour, il avait requis une peine plus lourde, soit la prison à vie. Il avait décrit «la froideur de l'exécution» des victimes au cours de cette nuit du 4 au 5 août 2017. «Le prévenu n'a pas parlé, il a tiré», a-t-il dit.

Le procureur avait rapporté une «escalade de la violence» depuis le moment où le quinquagénaire a compris que son ancienne compagne avait un nouvel amant.

Le procureur avait été suivi par les avocats des parties plaignantes, qui représentent les enfants de la femme et de l'homme qui ont été assassinés. Ce crime est «cruel» et d'un mobile «futile» et «odieux». Il dénote une personnalité «narcissique, sans aucune empathie» chez le prévenu, ont déclaré les avocats.

Pas un crime passionnel

De son côté, la défense avait reconnu la «faute lourde» de l'accusé et avait plaidé le crime passionnel. «Mon mandant a agi par désespoir. Il espérait toujours refaire sa vie avec cette femme. Quand il a compris qu'il y avait un autre homme, tout s'est écroulé», a noté l'avocate du prévenu.

«C'est un amant éconduit et un père qui a eu peur de perdre ses deux enfants» qui a agi de la sorte, a-t-elle ajouté. La défense avait aussi contesté la préméditation du crime. Elle avait nié le fait que le prévenu soit venu attendre ses victimes le soir du drame et aussi remis en cause les menaces proférées.

La Cour a estimé que le meurtre passionnel devait être écarté car le prévenu n'a pas eu «d'émotion violente et n'a pas été plongé dans un désarroi profond».

Souvenirs flous

Durant l'audience de mercredi, l'accusé, actuellement détenu à la prison de Gorgier (NE), a expliqué qu'il n'avait que des souvenirs flous. «Je n'arrive pas à faire le point dans ma tête. Il y a plein de trous noirs», a-t-il affirmé. Il a souvent répété «Je ne sais pas» aux questions qui lui étaient posées.

L'accusé a assuré que la victime était «la femme de (sa) vie», et qu'il avait toujours espéré revivre avec elle et leurs deux enfants. «Je suis désolé pour tout le mal que j'ai fait», a-t-il dit avant de fondre en larmes.

Rentier AI au moment du crime, il a décrit un quotidien familial chaotique avec son ex-compagne, entaché par de gros problèmes d'alcool. «Nous étions deux alcooliques», a-t-il reconnu. (ats/nxp)

Créé: 22.03.2019, 16h11

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