La colère noire des «gilets jaunes»

Genève internationaleUne vingtaine de manifestants se sont postés à midi devant le Palais des Nations.

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Soudainement, ils attrapent leur gilet jaune stabilo boss dans leurs sacs à dos, et s’en affublent. Ils sont une vingtaine, accourus pour la plupart du Chablais savoyard. Les «gilets jaunes» se postent devant l’entrée principale du Palais des Nations. Il est midi. «Nous voulons protester contre les brutalités de l’Etat français. Par cette action symbolique, nous en appelons aux peuples des pays représentés à l’ONU», résumé Jérôme, l’un des organisateurs. Dix d’entre eux soulèvent une pancarte en carton, où figure une lettre. Mis bout à bout, ces supports composent trois mots, compréhensibles dans toutes les langues: «SOS» «HELP» «SOS». Ces bouées éphémères qu’ils lancent, ce sont leurs cris. Ils lèvent aussi le poing. «Comme les communistes? Etes-vous de gauche?» Les réponses fusent: «ah non, notre mouvement se situe au-delà du jeu politique». A 12h05, ils s’enhardissent et traversent la rue que les sépare de la grille d’entrée du Palais des Nations. A 12h10, une patrouille de police chargée de la protection diplomatique s’arrête à côté d’eux. S’ensuit un rapide échange. Les manifestants ôtent leurs gilets et abaissent les pancartes. Clap de fin.

La plupart sont venus en automobile. Sauf un photographe qui les escorte pour immortaliser la scène. «Je suis venu à pied, depuis Margencel. Je suis parti à 5h du matin. J’ai marché pendant six heures, au bord de la route, avec mon gilet jaune».

Certains passeront la journée à Genève. D’autres vont rentrer chez eux, s’enfoncer dans le Chablais, rejoindre des villages d’altitude, dans la vallée verte ou ailleurs. «Moi, je viens d’Abondance», lâche une jeune femme. Là haut sur la montagne, une voiture est indispensable pour travailler, se déplacer, amener les enfants à l’école, faire les courses. Par exemple dans la vaste zone commerciale qui s’étend à l’entrée de Thonon. «C’est un peu notre base de repli, détaille Jérôme. Un barrage filtrant a été mis en place sur le rond-point de la zone de Margencel». Une partie de la délégation des gilets jaunes venus manifester à Genève va relayer ce soir leurs camarades du Chablais. Tous sont fâchés contre le gouvernement. Et c’est le coût supplémentaire de ces gouttes d’essence qui a fait déborder une colère trop longtemps contenue.

(24 heures)

Créé: 01.12.2018, 16h24

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