Les municipaux de gauche se dissocient du syndic

Yverdon-les-BainsLes élus ne peuvent pas endosser la lettre envoyée par le syndic «au nom de la municipalité» au journal La «Région Nord vaudois».

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L'affaire du journal La Région fait éclater l'exécutif d'Yverdon. Les trois municipaux de gauche rompent la collégialité et refusent de cautionner la lettre envoyée par le syndic. La majorité de droite campe sur ses positions et accuse ses détracteurs de mentir.

Double conférence de presse mardi matin à Yverdon-les-Bains (VD) pour laisser éclater au grand jour la division au sein de la municipalité. En cause: la lettre envoyée le 23 mai au journal La Région, suivie du départ de la rédactrice en chef Caroline Gebhard.

Pas de sanction

Les élus de gauche ont ouvert les feux, avec la lecture de deux lettres, l'une pour les socialistes Pierre Dessemontet et Jean-Claude Ruchet, l'autre au nom de la Verte Carmen Tanner, absente pour congé maternité.

Les municipaux de gauche admettent avoir accepté l'envoi d'une lettre au journal pour se plaindre «de la qualité de la couverture de certains évènements locaux». Mais cela s'arrête là: ils n'ont pas voulu qu'elle soit assortie «de conséquence matérielle comme le retrait de la publication Rive Sud».

Liberté de la presse

La lettre finalement envoyée par le syndic PLR Jean-Daniel Carrard au nom de la municipalité «outrepassait clairement la décision municipale», a affirmé Pierre Dessemontet. Une fois l'affaire rendue publique et face aux critiques, une tentative de conciliation a été lancée, finalement sans succès.

«En conséquence, nous devions rompre la collégialité», ce qui ne s'est pas fait «de gaieté de coeur», a relevé le municipal, avant d'affirmer un «attachement indéfectible à la liberté de la presse». Carmen Tanner s'est dit pour sa part «consternée et fâchée».

Pas de pression

L'écologiste a souligné que «l'arrêt de la parution du journal communal dans les pages de La Région n'a pas été prise par l'exécutif. Il m'était insupportable d'être associée à cette décision». Elle met aussi en évidence «l'atteinte à la liberté de la presse».

Deux heures plus tard, le syndic et les deux municipaux PLR Gloria Capt et Marc-André Burkhard (Valérie Jaggi Wepf étant excusée) ont tenté d'éteindre l'incendie en récusant toute «pression» sur le journal. «Nous regrettons la tournure des évènements.

Nous n'avons jamais demandé le départ de la rédactrice en chef (...) On n'a aucune influence (sur le conseil d'administration de La Région), on n'a pas exercé de chantage», a assuré Jean-Daniel Carrard.

Un travail de partenariat

La décision concernant le journal communal? C'est une suspension jusqu'à nouvel avis, le temps de «rediscuter de la relation», a poursuivi le syndic, rejetant toute volonté «de couper des têtes». Une suppression à 3800 francs d'une parution pour «mettre un peu d'air» entre les parties, selon lui.

S'il affirme tenir à la liberté de la presse, il a montré à quel point un journal local doit répondre à un cahier des charges bien précis, «neutre et factuel», selon lui. A ses yeux, en résumé, la municipalité et La Région doivent travailler «en partenariat».

Instrumentalisation politique Concernant la rupture de collégialité, le syndic l'estime «injustifiée». Il affirme que ses collègues de gauche étaient d'accord avec l'intégralité du texte.

«C'est faux» ce qu'ils disent, et de toute façon ils devaient être au courant via leurs chefs de service. C'est instrumentalisé: «La campagne électorale commence plus tôt que d'habitude», a-t-il ajouté, précisant qu'il refusait de rendre public le procès-verbal de la séance de municipalité. (ats/nxp)

Créé: 09.07.2019, 15h51

L'exécutif maintient sa position

La Municipalité à majorité de droite estime qu'en suspendant sa page d'information dans «La Région», elle a agi comme n'importe quel client. Comme autorité politique, la Municipalité se dit responsable de chaque centime dépensé et souhaite que les administrés sachent qu'elle agit. Elle estime dans ce contexte «qu'il n'est pas anodin de taire l'implication de la Ville, et les millions de francs investis, dans un chantier comme celui de la correction de la Thièle» pour reprendre celui régulièrement cité.

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