Un député genevois propose un outil pour sauvegarder la presse

PresseLe député Vert François Lefort envisage des contrats pour financer la couverture médiatique des enjeux citoyens locaux.

Le député Vert François Lefort.

Le député Vert François Lefort. Image: Pascal Frautschi

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On peut être du premier pouvoir (le Législatif) et se soucier du quatrième pouvoir, celui des médias. Le député écologiste genevois François Lefort apporte sa contribution au débat politique en cours sur les difficultés économiques de la presse. Il vient de lancer au Grand Conseil genevois une motion, ouverte à la signature d’élus d’autres partis, «pour soutenir la présence de l’information citoyenne, locale et régionale dans la presse écrite».

Dans son texte, le parlementaire veut pousser le gouvernement à proposer «un financement par contrat de prestation» de ce type d’information diffusée dans les journaux et magazines diffusés dans le canton. Pour lui, les productions médiatiques dignes de bénéficier d’un appui public sont larges: il cite les campagnes précédant les votations ou élections, les prises de position des partis, la couverture des discussions des divers organes municipaux ou cantonaux, mais aussi tout ce «qui permet de faire vivre les manifestations sportives et la culture locales». «Ce qu’on veut, c’est de l’analyse, du débat, un regard, pas juste la publication des décisions à la manière de la Feuille d’avis», précise François Lefort.

Pour lui, une action politique s’impose au plan genevois, toute initiative lui semblant perdue d’avance à l’échelle fédérale: «Au vu des oppositions, une fondation nationale est pratiquement infaisable», martèle-t-il. Or, il y a urgence, selon lui: l’écrit bascule toujours davantage dans des canaux numériques où les recettes publicitaires ne sont plus maintenues en Suisse, mais captées dans leur vaste majorité par des acteurs mondialisés, comme Google ou Facebook, privant la production locale de son financement.

Le député espère développer «une méthode de résilience locale destinée à protéger la production d’information essentielle au fonctionnement démocratique, menacée de disparition». Et de marteler: «L’érosion des recettes publicitaires va se poursuivre, avertit-il. Si nous n’agissons pas, seuls continueront à être produits les textes qui génèrent du clic en ligne, ce qui fait le buzz, au détriment par exemple de la couverture de la vie politique.»

Pourquoi, justement, ne pas favoriser l’achat par les collectivités de publicité dans les médias qu’elles entendent soutenir? «Il serait trop facile pour un Exécutif de couper le robinet si les écrits publiés lui déplaisent, objecte François Lefort. On ne serait plus dans l’indépendance journalistique, mais dans la carotte et le bâton. Un contrat de prestation, lui, est une meilleure garantie contre les pressions: ses résultats sont évalués par l’ensemble des partis politiques.»

(24 heures)

Créé: 25.11.2018, 16h36

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