À Genève, les Verts triomphent et le PLR paie les pots cassés

Elections fédéralesDésormais premier parti du canton, les écologistes conquièrent trois sièges au National. L’UDC et le MCG sont sanctionnés.

Carlo Sommaruga et Lisa Mazzone, le tandem de gauche en tête de la course au Conseil des États, savourent l’instant.

Carlo Sommaruga et Lisa Mazzone, le tandem de gauche en tête de la course au Conseil des États, savourent l’instant. Image: Magali Girardin

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Séquence phare pour les Verts au bout de lac. Pour la première fois depuis sa création en 1983, ce parti décroche trois sièges genevois au Conseil national et triple sa représentation. Avec 20,44% des voix, dont 3 points rien que pour leur liste de jeunes, ils font un bond de presque 13 points par rapport à 2015.

Les Verts deviennent ainsi le premier parti du canton et détrônent le PLR. Au passage, ils dépassent aussi le PS et se retrouvent pour la première fois de leur histoire au niveau fédéral le plus grand parti de la gauche genevoise. «Ce résultat traduit dans les urnes quarante ans de travail en faveur du climat et de la justice sociale», lance la cosecrétaire générale du parti et députée Delphine Klopfenstein-Broggini, élue en troisième position, derrière Lisa Mazzone et le président des Verts genevois, Nicolas Walder.

Dans le hall d’Uni Mail, toutes les nuances de vert sont vite à l’honneur, puisque les Vert’libéraux, soutenus par une poignée de petits partis, portent aussi un des leurs, le médecin Michel Matter, au Conseil national. Dans le camp des vainqueurs figure aussi Ensemble à Gauche, qui retrouve le siège qu’il avait perdu en 2007. Il sera occupé par une femme, la députée Jocelyne Haller.

Les perdants sont nombreux. À gauche, c’est le PS qui a été déplumé après la progression Verte. Il perd un siège et 5 points dans l’opération. Il ne sera plus représenté que par la sortante Laurence Fehlmann Rielle et par le député et avocat Christian Dandrès. «La gauche avait en tout quatre sièges auparavant, elle en compte désormais six en tout, se félicite néanmoins Laurence Fehlmann Rielle. C’est une progression.»

La droite bourgeoise sort aussi passablement affaiblie de l’opération. Le PLR égare un siège, probablement au profit des Vert’libéraux. Le vice-président du parti suisse, Christian Lüscher, a survécu. Il sera accompagné par Simone de Montmollin.

Le PDC inquiet

Par rapport à 2015, le PLR a perdu 2,2% des voix. La situation est plus critique pour le PDC. En effet, si le président du parti et député Vincent Maitre conserve le siège de Guillaume Barazzone, le parti perd 4,4 points et se retrouve à 7,7%. C’est une perte critique pour un petit parti. Le député et ancien président du PDC Bertrand Buchs s’inquiète: «Pour les élections municipales, nous devrons absolument nous allier avec les formations du centre, comme les Vert’libéraux.»

À quelles causes attribuer les mauvais résultats de la droite bourgeoise? Outre la poussée Verte, la succession d’affaires ayant touché ses composantes depuis 2018 est souvent évoquée. «L’affaire Maudet a peut-être causé une démobilisation de notre électorat», suppute par exemple Christian Lüscher.

Les dernières victimes de cette journée d’octobre se trouvent à la droite de la droite. Le MCG perd son unique siège. C’est un coup dur pour Roger Golay, qui se console en relevant que son parti est celui, parmi les perdants, dont la perte en pour-cent est la plus faible (1,5%). Mais, déjà faible en 2015, le MCG passe cette fois clairement sous la barre.

Comme dans le reste du pays, l’UDC est sanctionnée. Elle perd 3,6 points, mais conserve ses deux représentants, Yves Nidegger et Céline Amaudruz. «Il y a une correction sur le cours de l’UDC après trente ans de hausse, ce n’est pas un drame, relativise le premier. Ce résultat ne changera rien à la ligne de l’UDC. Alors que l’Assemblée glisse à gauche et que la représentation genevoise fait de même, nous continuerons sur notre ligne. Mais les impôts vont augmenter: les Verts vont rivaliser d’imagination en ce sens.»

Hiltpold loin derrière

Lisa Mazzone a également cartonné dans la course au Conseil des États. La conseillère nationale écologiste a viré en tête dimanche, en engrangeant 37'923 suffrages – soit plus de 15'000 de plus que son homologue libéral-radical Hugues Hiltpold. Un retard qui sera extrêmement difficile à combler lors du second tour, fixé au 10 novembre.

Entre les deux, le socialiste Carlo Sommaruga devance lui aussi largement le PLR avec 35'066 voix. En quatrième position vient la candidate PDC Béatrice Hirsch (20'236 suffrages), talonnée par la conseillère nationale UDC Céline Amaudruz (19'243 voix). Les deux candidats du PS et des Verts ont ainsi pris une bonne option pour succéder aux conseillers aux États sortants Liliane Maury Pasquier (PS) et Robert Cramer (Verts).

Créé: 20.10.2019, 20h55

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