Un ancien étudiant menace l'Université de Genève

Dies AcademicusUn passage à l’acte d’un ex-étudiant menaçant était à craindre le jour du Dies Academicus. Suspect en prison. Mails et arme saisis

La police a encadré la traditionnelle cérémonie.

La police a encadré la traditionnelle cérémonie. Image: Laurent Guiraud Archives

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La police genevoise a déclenché le plan Amok à l’occasion du Dies Academicus, la fête annuelle de l’Université le 9 octobre. Ce dispositif est destiné à prévenir les actes de forcenés; Amok, en malais, signifiant accès de folie qui se termine en bain de sang. Par chance rien de tout cela n’est arrivé.

Accusations de plagiat

Selon nos informations, un biologiste français de 32 ans est au cœur de ce vent de panique. L’homme se retrouve actuellement sous les verrous pour avoir menacé un chargé de cours de la Faculté des sciences. Le suspect accuse cet enseignant, plaignant dans cette procédure, de l’avoir plagié. Il lui aurait envoyé des mails d’insultes et de menaces en prétendant qu’il avait copié des données de son travail de mémoire, terminé il y a quelques années, dans une récente publication universitaire.

Ces reproches de plagiat sont graves. Pour en avoir le cœur net, l’Université a aussitôt sollicité un comité ad hoc pour se pencher sur ces soupçons de tricherie. Alors que le groupe de spécialistes examinait la question, le prévenu aurait continué à envoyer des courriels au plaignant et à d’autres universitaires, notamment des membres du comité ad hoc. Qui commencent à se faire des cheveux blancs.

Convoqué une première fois à la police, le suspect s’excuse et promet de ne plus recommencer. Un répit de courte durée. Au début du mois, le comité ad hoc désavoue l’ancien étudiant et transmet le dossier au doyen pour la suite de la procédure. Selon nos informations, le prévenu aurait pris acte de ce «préavis» avant d’envoyer le 8 octobre un nouveau mail courroucé au doyen de la Faculté des sciences. Deux membres du comité, à savoir un professeur à l’Université de Fribourg et un autre de Paris, sont mis en copie. En lien, l’expéditeur joint deux vidéos qui inquiètent l’institution. Il s’agit en effet de films sur deux terroristes islamistes, Mohammed Merah et Khaled Kelkal, tués par la police après avoir commis leurs crimes en France. Un avertissement sans frais? Les autorités universitaires prennent manifestement l’affaire très au sérieux.

Le lendemain se tient le Dies Academicus. C’est à cette occasion que les forces de l’ordre mettent en place le fameux plan Amok. Mais ce jour-là, le suspect ne se rend pas à la cérémonie.

Sans travail ni antécédents

En revanche, convoqué une nouvelle fois à la police, il arrive dans les locaux de la sûreté au boulevard Carl-Vogt et en sort dans un fourgon pénitentiaire. Prévenu de menace, de tentative de contrainte, de menace alarmant la population et de harcèlement téléphonique (utilisation abusive d’une installation de télécommunication), il est conduit à Champ-Dollon. Sa détention provisoire a été prolongée jusqu’au 21 novembre par le Tribunal des mesures de contrainte (TMC). Son avocate, Me Aude Baer, confirme les accusations pesant sur le prévenu «qui est fortement désolé pour toute cette procédure en cours d’instruction».

En charge du dossier, le procureur Walther Cimino a, dans la foulée, ordonné une perquisition au domicile du suspect. L’ordinateur de ce dernier et une arme ont été saisis. Sans antécédents, l’homme, sans travail depuis plusieurs mois, allait-il un jour passer à l’acte? A l’enquête de le déterminer au fil des auditions.

«Menaces de mort»

Contacté hier, Me Nils De Dardel, avocat du chargé de cours, confirme que son client a reçu des menaces de mort à plusieurs reprises par le biais de courriels en main de la justice. «Mon client a suivi le travail de master du prévenu. Il devait diriger cet étudiant qui a réussi son travail. Par la suite, mon client a écrit un article pour une revue scientifique dans laquelle il cite ce travail de master. Il a refait les expériences du mémoire en laboratoire et a agi dans les règles. Mais à un certain moment, le prévenu a fait une étrange projection et était soudain persuadé, à tort, qu’on s’était approprié son travail. Ce que la commission d’experts internationaux de haut niveau exclut aujourd’hui! En raison des menaces reçues, mon client a de quoi être inquiet.»

Créé: 30.10.2015, 07h48

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