«Rien n'a changé dans la culture d'entreprise des SIG!»

Eoliennes et corruptionLors de son réquisitoire, le procureur Grodecki dénonce le silence de la Régie publique et affirme qu'elle n'a pas tiré toutes les conséquences de ces affaires de corruption.

Le procureur Stéphane Grodecki

Le procureur Stéphane Grodecki Image: Laurent Guiraud

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Deux ans et dix-huit mois de prison avec sursis pour corruption, ce sont les peines requises, aujourd'hui jeudi, par le premier procureur Stéphane Grodecki à l'encontre de P., ex-cadre des Services industriels de Genève, et de Z., entrepreneur tessinois actif dans les éoliennes. Le premier aurait reçu 180 000 francs pour avoir favorisé les affaires du second.

Le représentant du Ministère public en a profité, dans un réquisitoire très politique, pour passer une volée de bois vert à la régie publique entraînée à l'époque des faits «dans une fuite en avant sans savoir où s'arrêter».

Il espère que ce procès dans lequel apparaissent «des actes de corruption comme on ne les imagine pas en Suisse» rappellera aux «établissements publics de Genève, la nécessité de la transparence». Et d'ajouter: «La direction des SIG savait; elle a choisi le silence pour des raisons commerciales.» Et depuis, au lieu de se séparer de certains hauts responsables de l'époque, on les a simplement déplacés.

Le procureur Grodecki enfonce le clou: «Aujourd'hui, les SIG sont partie plaignante, mais rien n'a vraiment changé dans leur culture d'entreprise. Ils doivent apprendre que les considérations commerciales ne peuvent pas prendre le pas sur le bien public»

Aux yeux du représentant du Ministère public, les SIG portent une «responsabilité morale dans cette affaire, on pourrait parler de faute concomitante». En d'autres termes, il considère que la régie publique est en partie fautive dans ce qui s'est passé. Et, du coup, il demande au tribunal de réduire le dommage allégué par les Services industriels de deux tiers...

Pour en revenir aux actes de corruption des années 2009 à 2011. L'ex-cadre des SIG aurait reçu 180 000 francs de l'entrepreneur tessinois (180 000 francs camouflés par le paiement d'un livre de promotion bidon sur les éoliennes en Suisse). Il aurait également demandé 100 000 francs à un autre constructeur d'éoliennes, actif en Valais, afin de ne pas nuire à son dossier auprès des SIG. La conversation aurait eu lieu au restaurant de l'aéroport de la Blécherette (VD) en 2010. Ce constructeur d'éoliennes se trouvait avec son avocat. Choqué, Il a refusé l'argent et dénoncé les faits à la justice.

Non seulement, le procureur requiert une sanction pénale à l'encontre des deux prévenus, mais il demande de surcroît qu'à l'avenir ils ne puissent plus travailler dans (ou en lien avec) une administration publique fédérale, cantonale ou communale. Ni même avec une entité privée qui serait subventionnée par l'Etat. Une sévérité que Stéphane Grodecki explique par l'absence totale de prise de conscience de la part des deux accusés.

Le procès se poursuit. Plaidoiries de la défense ce jeudi après-midi. (24 heures)

Créé: 02.06.2016, 13h15

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