Le chef de la sûreté de l'aéroport arrêté par la police

GenèveLe haut cadre a été emmené menotté ce matin par les forces de l'ordre.

Le haut cadre a été interpellé dans le bâtiment de Genève Aéroport.

Le haut cadre a été interpellé dans le bâtiment de Genève Aéroport. Image: Magali GIRARDIN

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Le chef de la division sûreté de l’Aéroport de Genève, ancien conseiller municipal PLR à Bellevue, a été interpellé mercredi par la police, comme nous le révélions sur le site tdg.ch. Le chef d’une société de sécurité genevoise a également été arrêté, précise le Ministère public dans un communiqué. Présumés innocents, tous deux sont prévenus de corruption active, corruption passive et gestion déloyale des intérêts publics. Ils ont été entendus par la brigade financière de la police genevoise.

Le Ministère public a été informé en février dernier de potentielles infractions dans le cadre de l’attribution de certains marchés publics par Genève Aéroport à une société genevoise de sécurité. Durant cinq ans, selon «Le Temps», le responsable de la sûreté aurait notamment touché des pots-de-vin via une entreprise qui assure la formation des contrôleurs de sûreté de l’aéroport ainsi que le contrôle qualité dans ce domaine. Or cette entreprise est gérée par un ancien associé du prévenu. La formation des contrôleurs était jusqu’en 2015 dispensée à l’interne, avant d’être attribuée, sans appel d’offres, à cette société. Après diverses perquisitions, le directeur de la sûreté et celui de la société en question ont été arrêtés.

Cela fait déjà plusieurs mois que le rôle du chef de la sûreté suscite des interrogations. Il a semblé étrange à certains observateurs que deux marchés publics aient été attribués en 2018 à des filiales de Securitas, entreprise dans laquelle il avait justement travaillé entre 2006 à 2010. Il s’agit de Securitas pour la gestion de l’accueil et des files d’attente (environ 180 employés) et de Custodio (130 employés) pour le contrôle des bagages. Le fait que le «Groupe technique» qui se prononçait jusqu’ici sur les attributions de marchés publics était directement sous les ordres de ce haut cadre, selon nos informations, interpelle d’autant plus. À noter qu’un autre contrat a été conclu sans appel d’offres par l’aéroport avec une entreprise, dirigée par un autre ancien associé du prévenu, relevait en mars «Le Courrier». Cette société développait et vendait des tapis détecteurs de métaux, que le prévenu a d’ailleurs présentés dans nos colonnes en 2016.

Le Ministère public annonce en outre avoir ouvert «une procédure dirigée contre inconnu après avoir été informé en mars 2019 par la Cour des comptes de «possibles dysfonctionnements lors de la procédure d’adjudication intervenue en 2018 concernant les services de sûreté de Genève Aéroport».

En effet, cette affaire a porté préjudice à ISS Facility Services. Suite à un appel d’offres, cette dernière a été écartée au profit de deux filiales de Securitas. Or cette manière de procéder ne respectait pas les clauses en vigueur stipulant que les lots (accueil des passagers, contrôles de sécurité des passagers et des véhicules, contrôle des bagages en soute) devaient être attribués à des entreprises différentes. Comme nous l’expliquions dans nos éditions du 11 janvier, la justice a condamné Genève Aéroport à verser 33 000 francs de dommages et intérêts à ISS.

«On confie la sûreté à des sous-traitants alors qu’elle devrait être une tâche régalienne de l’État»

Le Syndicat des services publics (SSP) demande qu’une nouvelle enquête soit ouverte par la Cour des comptes sur les attributions de mandats à l’Aéroport. Par ailleurs, le SSP estime que les conditions de travail des collaborateurs depuis l’arrivée du chef de la sûreté mis en cause se sont dégradées. «Les employés n’ont plus de temps morts, déplore Jamshid Pouranpir, secrétaire syndical. La politique en termes d’avertissements et de licenciements s’est également durcie. On confie la sûreté à des sous-traitants alors qu’elle devrait être une tâche régalienne de l’État. Par ailleurs, la connivence du prévenu avec Securitas m’interpelle beaucoup.»

Rappelons que le haut cadre avait déposé une plainte pénale pour diffamation à l’automne dernier contre la journaliste d’investigation de la RTS Laetitia Guinand, défendue par Me Romain Jordan. Il lui reprochait plusieurs révélations au sujet notamment de l’aéroport et des procédures d’attribution des marchés.

Créé: 15.05.2019, 20h02

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