Des chiffres en dessous de la réalité

Ronds-points: notre sérieLes statistiques des accidents de la route sont imprécises pour les giratoires.

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Les statistiques des accidents de l’Office fédéral des routes (OFROU) sont fondées sur les procès-verbaux dressés par les différentes polices du pays qui sont centralisés dans une base de données à Berne.

Pour chaque accident de la route, les policiers doivent remplir trois formulaires différents. Le premier concerne les circonstances générales de l’accident, le second les véhicules ou les vélos impliqués, et le dernier les personnes (piétons, conducteurs, passagers). Quand on demande des statistiques sur les accidents dans les giratoires, l’OFROU additionne tous les accidents pour lesquels les policiers ont coché la case «Giratoire» dans la rubrique «Site de l’accident» du procès-verbal.

Seulement voilà: «24 heures» et «La Tribune de Genève» ont obtenu l’accès à la base de données qui contient le détail de chaque accident. Y compris ses coordonnées géographiques précises. En y regardant de plus près, nous avons constaté que de nombreux accidents pour lesquels la case «giratoire» n’avait pas été cochée ont, d’après les coordonnées GPS, eu lieu… dans un giratoire.

Nous avons alors placé tous les accidents sur une carte et comptabilisé les accidents qui, géographiquement, se situent dans un giratoire. Il s’agit d’une approximation, mais le résultat est surprenant par son ampleur: alors que la case «giratoire» est cochée pour 13 728 accidents entre 2011 et 2017, nous arrivons avec notre analyse spatiale à un total de 17 808, soit près de 30% d’accidents en plus.

Comment expliquer un tel écart? Comment se fait-il que les policiers oublient régulièrement de cocher la case «giratoire»? Et avec quelles conséquences sur les conclusions que l’on peut faire sur la dangerosité des giratoires?


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Selon notre estimation, au niveau suisse, c’est le canton de Vaud qui comptabilise le plus grand écart entre le nombre d’accidents signalés dans un giratoire et ceux qui s’y seraient effectivement produits. Les différentes polices que nous avons contactées, au niveau tant cantonal ou que communal, ne s’expliquent pas cet écart et assurent cocher systématique-ment la case signalant que l’accident a eu lieu dans un giratoire.

L’OFROU, sans prendre position sur notre analyse spatiale, reconnaît qu’il peut y avoir une différence entre les statistiques et le nombre «réel» d’accidents dans les giratoires, et avance deux hypothèses. Premièrement, «la question du périmètre retenu pour une analyse peut en effet varier selon les cas et les personnes, y compris pour le policier sur le lieu de l’accident», explique la spécialiste de l’OFROU, Mireille Savary.

Deuxièmement, des intersections peuvent s’être transformées entre-temps en giratoire. «Mais il est important de savoir que, pour la recherche des points noirs, l’OFROU prend aussi en compte les coordonnées géographiques des accidents, et pas seulement la case «Giratoire» des procès-verbaux dressés par la police.»

Créé: 08.10.2018, 06h52

30%


La différence estimée entre le nombre d’accidents signalés comme ayant eu lieu dans un giratoire par la police et celui des accidents qui auraient effectivement eu lieu dans un giratoire.

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