Cinq ans de prison pour l'ex-gérant de fortune de Credit Suisse

150 millions détournésLa plupart des plaignants ne reçoivent pas un sou. Mais le tribunal reconnaît que la banque a perdu quelque 130 millions de francs dans cette affaire.

La cour, présidée par la juge Alexandra Banna.

La cour, présidée par la juge Alexandra Banna. Image: dessin Patrick Tondeux

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L'ex-gérant de Credit Suisse a été reconnu coupable d'escroquerie par métier, de gestion déloyale et de faux dans les titres par le Tribunal correctionnel, lequel l'a condamné ce vendredi à cinq ans de prison. C'est la peine requise par le premier procureur Yves Bertossa. Ce dernier se dit «satisfait de ce verdict qui retient l'essentiel des infractions figurant dans l'acte d'accusation». Les juges ont retenu que le montant détourné s'élevait à 143 millions de francs. Le dommage de Credit Suisse, partie plaignante dans ce procès, a été reconnu à hauteur de 130 millions de francs.

En revanche, celui de la plupart des plaignants, de riches clients russes, ne l'a pas été sur le plan pénal. Les juges ont considéré que, pour certains, l'infraction n'était pas réalisée. Pour d'autres, qu'ils ne pouvaient pas bénéficier de l'argent détourné d'un autre compte, selon l'adage le crime ne paye pas. Ce sera donc à la banque, une fois qu'elle aura récupéré ses 130 millions de francs, de les restituer aux lésés, notamment à l'ex-premier ministre géorgien, Bidzina Ivanishvili, qui a le plus perdu dans cette affaire.

Les biens du prévenus sont également confisqués pour 22 millions de francs, tout comme les bijoux de son épouse. Le tribunal lui laisse notamment la maison qu'il habite. Les juges considèrent que grâce à ses détournements durant huit ans, il s'est enrichi de 30 millions de francs. Ils ne prononcent toutefois pas une interdiction d'exercer son métier de banquier. Compte tenu de la prison préventive déjà effectuée, il devrait pouvoir bénéficier d'une libération conditionnelle au mois d'avril de l'année prochaine.

Me Vincent Jeanneret, avocat de Credit Suisse, se dit satisfait de ce jugement «qui reconnaît la banque comme seule partie plaignante ayant droit à des dommages et qui va recevoir les montants confisqués». Cependant, Credit Suisse réfléchit à l'éventualité de faire appel sur des points mineurs, selon son avocat. (24 heures)

Créé: 09.02.2018, 12h02

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