Condamnée à 10 ans pour traite d'êtres humains

BienneUne Thaïlandaise a été condamnée à 10 ans de prison pour incitation à la prostitution et blanchiment d'argent, notamment.

C'est dans la ville de Bienne que l'accusée a été jugée. (Photo d'illustration)

C'est dans la ville de Bienne que l'accusée a été jugée. (Photo d'illustration) Image: Keystone

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Une ressortissante thaïlandaise a été condamnée mercredi à 10 ans et demi de prison par le Tribunal régional Jura bernois-Seeland, à Bienne, pour traite d'êtres humains. Elle avait fait venir 75 personnes de son pays.

L'accusée a également été condamnée pour encouragement à la prostitution, incitation à l'entrée, à la sortie ou au séjour illégaux et blanchiment d'argent. Les faits remontent aux années 2010 à 2014. Il s'agit de l'une des plus grandes affaires de traite d'êtres humains à avoir été jugée en Suisse.

Cette femme âgée de 58 ans a fait venir en Suisse 75 femmes et transsexuels. Elle a tiré profit de la situation des victimes issues de milieux défavorisés, qui souvent ne parlaient pas anglais. Elle leur promettait du travail, s'occupait des visas et prenait en charge les coûts du voyage.

Dettes de voyage

Une fois arrivées en Suisse, les victimes devaient se livrer à la prostitution pour s'acquitter de «dettes de voyage» allant jusqu'à 30'000 francs. Placées dans plusieurs cantons, elles n'avaient pas d'alternative à la prostitution, vivaient complètement isolées et dépendaient totalement de l'accusée.

Le président du tribunal a parlé d'un système «complexe, bien organisé et méprisant la dignité humaine». Les femmes étaient piégées par leurs dettes et maintenues dans une situation de servitude. La pression était également renforcée en raison du fait que les victimes séjournaient illégalement en Suisse.

Nombreuses affaires

Certaines femmes et transsexuels ne voulaient pas se prostituer, selon le président du tribunal. Dans aucun des 75 cas, les femmes n'ont librement consenti à participer à ce système, selon le tribunal. Cette exploitation a entraîné des troubles post-traumatiques chez les victimes, qui ont pu aller jusqu'à des pensées suicidaires.

La procureure avait réclamé la semaine passée une peine de douze ans d'emprisonnement, alors que la défense avait plaidé pour une peine de six ans.

Plusieurs cas semblables de traite d'êtres humains ont été rendus public ces dernières années. Rien que dans le canton de Berne, une vingtaine de procédures ont été clôturées, avait annoncé fin 2017 le gouvernement bernois. Malgré ces efforts, les experts estiment qu'il y a toujours un nombre élevé de cas non signalés. (ats/nxp)

Créé: 11.07.2018, 12h25

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