«25 ans de prison, c’est une peine que l’on doit réserver aux crimes odieux»

Cour d'assisesLes juges de Besançon (F) ont estimé que l'étrangleur d'Yverdon avait bien eu l’intention de tuer en serrant le cou de sa compagne en janvier 2017. La défense fera appel.

L'accusé au premier jour du procès, mercredi à Besançon.

L'accusé au premier jour du procès, mercredi à Besançon. Image: B.P.

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«A la majorité absolue, la Cour d’assises condamne l’accusé à la peine de 25 ans de réclusion criminelle.» Le tribunal français du Doubs a prononcé un verdict rare dans une salle d’audience pénale, vendredi. Même dans l’Hexagone, où les privations de liberté peuvent atteindre jusqu’à 30 ans de prison (sans compter la possible perpétuité), soit dix ans de plus que ce que prévoit le code pénal suisse. Les onze juges (dont huit jurés-citoyens, tirés au sort à l’ouverture du procès ce mercredi) de Besançon n’ont cependant pas motivé leur décision au cours de cette lecture de jugement des plus plus succinctes.

Aurélien*, le condamné, est un Français de 37 ans qui avait mortellement étranglé sa compagne Maéva* (30 ans) un dimanche soir de janvier 2017, dans leur appartement d’Yverdon, et abandonné leur bébé de 7 mois. Expertisé comme un manipulateur narcissique, le tueur avait été interpellé le surlendemain dans un hôtel du sud de la France. Le nourrisson avait quant à lui été retrouvé une quinzaine d’heures plus tard, la couche pleine, par sa grand-mère maternelle inquiète que sa fille ne réponde plus à son téléphone.

La substitut du procureur de la République, Alexia Marquis, avait requis le maximum légal de 30 ans de réclusion. «C’est le prix à payer, le prix de la vie de cette noble personne, et de la vie gâchée de leur fils», a-t-elle lancé à la Cour. «Ne donnez pas raison à l’accusé qui avait dit à l’une de ses ex que s’il venait à la tuer, il ne prendrait qu’un ou deux ans de prison pour crime passionnel.» La magistrate a fait sensation en décrivant dans le détail la scène de strangulation à partir des données du dossier pénal. Durant deux longues minutes, soit le temps estimé par l’experte médico-légale du Centre universitaire romand de médecine légale (CURML): «Mesdames et messieurs les jurés, vous venez de vivre les deux dernières minutes de la vie de la victime.» Et d’ajouter: «Monsieur n’a pas hésité à lui infliger la peine capitale, de l’une des pires manières que ce soit. Alors que leur fils dormait paisiblement dans chambre d’à côté...» La représentante du Parquet a notamment justifié sa réquisition en raison du risque de récidive d’Aurélien, «jugé indéniable et probable dans le cas d’une nouvelle rupture conflictuelle».

«Ce n’est pas un monstre, mais quelqu’un qui a commis un acte monstrueux qui découle des failles psychologiques», a tenté la codéfenseure de l’étrangleur, Me Caroline Espuche. L’avocate et le ténor du barreau Patrick Uzan ont plaidé l’infraction de coups ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner; une qualification propre au code pénal français, passible de quelques années de prison.

«25 ans de réclusion, c’est une peine que l’on réserve à un crime commis dans des circonstances odieuses, où l’auteur dénie toute espèce d’humanité à la victime. Ce n’est pas le cas ici», nous a confié Me Uzan. Et d’annoncer qu’un appel sera interjeté contre ce jugement.

* Prénoms d'emprunt. (24 heures)

Créé: 15.03.2019, 17h13

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