Frappé en pleine rue à Genève pour un joint à 5 francs

TabassageLa police enquête sur une violente altercation survenue au début du mois dans le quartier de la Jonction.

Le lieu du drame au lendemain des faits.

Le lieu du drame au lendemain des faits. Image: Laurent Guiraud

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Un père de famille a été roué de coups en pleine rue le vendredi 8 février à la Jonction. Selon nos informations, un des hommes qui l’aurait frappé a été identifié le soir même pendant que le quadragénaire était acheminé aux urgences. Les deux autres agresseurs, décrits comme tels par la victime, n’ont pas encore été interpellés.

Altercation? Tabassage? Les enquêteurs de la police judiciaire comptent sur des témoignages ainsi que sur l’examen des images de vidéosurveillance du quartier. Quoi qu’il en soit, le constat médical présenté par la victime rend compte de la violence de l’épisode: bras cassé, côtes fêlées, œil en sang et visage tuméfié.

Encore sous le choc, cet habitant de la Servette a quitté l’hôpital le lendemain des faits. Il a été acheminé directement au poste de police de la Servette pour être entendu sur l’affaire. Néanmoins, précise Me Alessia Colucci, son état ne lui a pas permis d’être auditionné et il a dû être rapidement reconduit aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

Sa version à la police

Entendu la semaine dernière dans les locaux de la police judiciaire, il a décrit sa mésaventure. Voici dans les grandes lignes sa version du drame. La nuit des faits, cet habitant de la Servette passe devant le centre culturel de l’Usine. Souffrant de douleurs chroniques, il achète dans la rue un joint à 5 francs. Arrivent aussitôt trois personnes, dit-il, qui veulent faire main basse sur le «pétard» à peine acquis.

L’homme refuse. Dans la foulée, il essuie quelques insultes et menaces. Qu’à cela ne tienne, le fumeur, qui pense que cette altercation verbale s’arrêtera là, choisit de quitter la place des Volontaires. En chemin, non loin du quai bordant le Rhône, il réalise pourtant qu’il est suivi. Il affirme même que le trio le prend en chasse.

Couteau en main

Il accélère le pas, détale mais se fait rattraper à la hauteur du pont de la Coulouvrenière. Il raconte avoir alors été roué de coups et que l’un des agresseurs avait même un couteau en main. Mais il n’en a heureusement pas fait pas usage.

L’ensemble de ces informations recueillies nous ont été confirmées par l’avocate de l’homme, acheminé aux urgences. Me Alessia Colucci n’a toutefois pas souhaité s’exprimer davantage à ce stade de la procédure.

Un passant, qui aurait assisté à une partie de la scène, a alerté les forces de l’ordre, qui sont intervenues rapidement à 1h06 du matin au numéro 40 de la rue du Stand. Il ne restait alors que deux hommes sur place, dont la victime. Les deux personnes présentaient des blessures. Une enquête a rapidement été ouverte.

Des épisodes récurrents

Ces derniers mois, ce secteur du centre-ville a été le théâtre de plusieurs agressions. Fin décembre, une bande a tabassé un jeune homme sur le Boulevard des Philosophes, juste devant la Comédie.

Le même jour, une femme a été agressée à la place du Cirque et plus récemment, en janvier, un trentenaire, roué de coups sur la plaine de Plainpalais, a dû être opéré d’urgence à la tête. Souffrant également d’une jambe cassée, ce dernier est toujours hospitalisé.

En novembre, deux personnes ont été grièvement blessées par des coups de couteau lors d’une altercation entre connaissances à la place de Bel-Air. Elles ont été emmenées aux urgences des HUG. L'auteur des coups s’est enfui peu après les faits.

Le même mois, la police genevoise évoquait dans «20 Minutes» plusieurs séries de vols survenus près de l’Usine. Des larcins souvent commis sous la menace d’un couteau: «Une dizaine de cas ont été portés à notre connaissance, confirmaient les forces de l’ordre. Plusieurs services travaillent activement sur ce dossier.»

La police précisait le profil des cibles, qui n’ont heureusement jamais été blessées: il s’agit surtout de jeunes gens déambulant seuls ou à deux, avinés, autrement dit des proies vulnérables.

Créé: 20.02.2020, 07h58

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