Moins de frontaliers à Genève. Une première depuis vingt ans

EmploisLe nombre de frontaliers a chuté alors que le marché de l’emploi se porte bien. Une évolution difficile à expliquer.

Le commerce de détail a perdu 230 frontaliers en une année, pour passer à 6600.

Le commerce de détail a perdu 230 frontaliers en une année, pour passer à 6600. Image: LUCIEN FORTUNATI

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C'est une première à Genève depuis vingt ans. Le nombre de frontaliers actifs est en baisse. Au troisième trimestre 2018, on en dénombre 81 226, soit 314 de moins que pour le troisième trimestre 2017 (-0,4%), comme l'indique l'Office cantonal de la statistique. Une telle diminution, certes modeste, n'était plus intervenue depuis l'été 1998, date à laquelle on dénombrait 26 000 frontaliers actifs.

La chute est encore plus forte si on la compare au deuxième trimestre de cette année. En trois mois, le nombre de frontaliers a baissé de 2000 unités. Là encore, du jamais vu depuis des lustres.

Trois secteurs sont principalement concernés par cette diminution. Le commerce de détail a perdu 230 frontaliers en une année, pour passer à 6600. Le commerce de gros en a perdu 140, pour se stabiliser à 5000. L'industrie manufacturière a, elle, vu le nombre de ses frontaliers passer de 10 160 à 9860, soit 300 de moins.

Cette évolution est difficile à expliquer. L'emploi augmente, le chômage est stable, comment alors comprendre cette baisse du nombre de frontaliers? «Nous avons affaire à une baisse minime à un niveau très élevé de frontaliers, nuance Giovanni Ferro-Luzzi, professeur d'économie à l'Université de Genève et à la Haute école de gestion. Il est donc difficile d'analyser ces chiffres. Il est possible que ces frontaliers soient remplacés par des travailleurs venant d'autres cantons ou par une augmentation des permis B.»

Autre explication possible: «De nouveaux travailleurs étrangers seraient venus s'installer à Genève plutôt qu'en France voisine en raison d'une détente du marché du logement. Mais ce ne sont que des hypothèses qu'on ne pourra vérifier que si la tendance se confirme», conclut l'économiste. (24 heures)

Créé: 09.11.2018, 16h47

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