Geneva Lux disperse ses feux aux quatre vents

IlluminationsLe festival qui éclaire Genève en hiver a lieu cette année du 24 janvier au 2 février.

Les lanternes de PITAYA.

Les lanternes de PITAYA. Image: Laurent Guiraud

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C’est un peu comme se serrer autour du foyer quand il gèle. La lumière en hiver nous agrège tels des lucioles anémiques et frileuses. Geneva Lux n’agit pas autrement. Le festival éclaire les yeux tristes des maisons, ranime le corps froid des façades, donne des ailes aux étourneaux, des écailles aux perches de la rade, des feuilles aux marronniers délaissés. Les humains quant à eux se rassemblent cette année dans la chaleur de vingt-six installations disséminées aux quatre coins de la ville, à parcourir dès vendredi soir. Onze créations sont nouvelles, taillées sur mesure pour les frimas genevois.

Commençons la tournée. Impossible de les rater, ces deux-là, qui crapahutent depuis samedi, tirant un sourire aux passants. Tout ronds, tout blancs, les Anooki de Moetu Batlle et David Passegand se jouent de la morte-saison devant le MAH avec «Escapade», avec «Récréation» au pied de la Madeleine, avant de faire «Apparition» à Cornavin, une partie de «Cache-cache» sur le portique de Saint-Pierre et de se livrer un «Secret» au sommet de La Treille.

Ci-dessous, le vol d’étourneaux de François Moncarey. Cliquez sur l'image pour l'agrandir

«Genève est un terrain de jeu formidable pour eux», s’exclament Moetu et David à propos de leurs Anooki, auxquels ils ressemblent étrangement. «Ce sont des Inuits dont la banquise a fondu, un couple parti voyager. Nous les avons créés il y a vingt ans, avant l’urgence des enjeux climatiques d’aujourd’hui, mais ils n’en prennent que plus d’acuité.» Réalisés en toile polystyrène, les bambins bimbos sont maintenus gonflés par un ventilateur et alimentés en LED. «Nous travaillons à rendre neutre leur consommation en énergie», précisent les artistes.

Lanternes dorées

À L’Abri, les joyaux – on en a l’habitude – sont à l’intérieur. En guise de clin d’œil, Arnaud Giroud et David Lesort, de PITAYA, en ont accrochés sur les murs d’enceinte du local dévolu à la musique. Quarante-cinq breloques précieuses en laiton découpé au laser se détachent comme autant de bijoux sur la pierre austère des fortifications anciennes et diffractent leurs halos dorés. «Les lanternes sont des parures lumineuses qui révèlent la façade; celle-ci est un canevas, une toile vierge qui ne demande qu’à être brodée par la lumière», décrit Arnaud Giroud. Presque aussi belles de jour que de nuit, ces «Glowing Lanterns as Jewels».

On croyait les étourneaux partis à l’automne, mais une petite bande est restée captive des glaces helvétiques sur la place du Molard. C’est «Swarm», de l’artiste genevois François Moncarey, un mât et ses haubans dressés vers le ciel noir qui pulsent au rythme mathématique des ailes des volatiles. Une sculpture lumineuse, aérienne et savante, régie par des algorithmes. «Ce chaos organisé est beaucoup plus complexe que l’ordre», sourit François Moncarey.

Ci-dessous, les corps célestes en sons et lumières de Jérôme Donna. Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Planté dans l’herbe des Bastions, on grimpe alors allègrement sur la voie lactée. Des étoiles luminescentes, au garde-à-vous comme des tulipes, sont autant de petits astres de couleurs variées, rouge, bleu, rose, violet, qui produisent en frottant leurs corps célestes des sons extatiques. «Laniakea» de Jérôme Donna est un don de la Ville de Lyon qui, compte tenu des bonnes relations entretenues avec Genève, pourrait bien recevoir l’œuvre d’un Genevois en retour.

En effet, Julien Pavillard, le directeur artistique du Geneva Lux, passe la main à la fin de cette 6e édition. Venu de Lyon, il y retourne en 2020, cette fois comme directeur de la Fête des Lumières. Guillaume Barazzone, quant à lui, père fondateur de la manifestation, se retire en mai du gouvernement, non sans avoir au préalable «déposé une demande de crédit auprès du Conseil municipal de plus d’un million de francs, afin d’assurer l’avenir de la manifestation».


Geneva Lux Du 24 janvier au 2 février. Infos: https://evenements.geneve.ch/genevalux-oeuvres/

Créé: 23.01.2020, 14h58

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