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A Genève, les bureaux de change sont pris d'assaut

Le prix de l'euro n'a baissé qu'en début d'après-midi dans les offices, attirant des centaines de personnes. Une situation exceptionnelle.

Les files d’attente s’agrandissaient hier après-midi devant les bureaux de change genevois, à l’heure où le prix de l’euro commençait à baisser. «Nous n’avons pas pu commander d’euros jusqu’à midi, explique Frédéric, guichetier d’un office près de la gare. Nous sommes tout au bout de la chaîne. L’argent était bloqué bien plus haut.» Les passants s’échangent des conseils sur le lieu offrant le meilleur taux de change: 1.08 euro pour un franc ici; 1,07 là-bas. On est loin du taux de 0.86 euros pour 1 franc atteint après l’annonce de la Banque nationale suisse. Mais qu’importe.

Une dame vend près de 27 000 francs suisses avec détermination. Derrière elle, Musa, 19 ans, étudiant en économie, est venu vendre 1000 francs en obtenant un cours de 1,08. «Je m’y connais un minimum en économie, explique le jeune homme. Je sais que la Suisse ne peut pas faire tomber le franc plus bas et que l’euro va donc bientôt remonter. S’il revient à 1,20, j’aurai gagné un peu plus de 100 francs.» Julien, 22 ans, étudiant en informatique habitant en France, est plus dubitatif. Il est déjà venu à midi voir à quel prix s’échangeaient les devises. Il est de retour à 15 h et l’euro a déjà perdu 10 centimes. «Savez-vous à quelle heure aura lieu la prochaine actualisation du taux?» Personne ne sait lui répondre. Il attendra encore. «De toute façon, j’ai conscience que nous ne sommes que le dernier maillon de la chaîne et qu’il y aura toujours quelqu’un d’autre qui se fait des marges en amont», analyse-t-il.

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