L’hélicoptère des HUG, cet appareil adoré et méconnu

GenèveDeux ans après avoir survécu à un projet visant à s’en séparer, il continue de sauver des vies.

Les HUG sont le seul hôpital de Suisse à disposer d’un hélicoptère. L’appareil stationne à Cointrin, prêt à intervenir de jour comme de nuit pour diverses interventions.

Les HUG sont le seul hôpital de Suisse à disposer d’un hélicoptère. L’appareil stationne à Cointrin, prêt à intervenir de jour comme de nuit pour diverses interventions. Image: Laurent Guiraud

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Il est l’hélicoptère le plus connu des Genevois. Sa présence suscite même l’émotion, et pas seulement auprès de celles et ceux qu’il a pu secourir. En 2016, la population avait fortement réagi face à un projet de l’Hôpital cantonal, qui envisageait de s’en séparer pour faire des économies. Un élan qui l’a sauvé.

Mais qui n’a pas forcément permis de mieux connaître celui qu’on voit tous régulièrement survoler le canton. Même aux HUG, beaucoup croient qu’il est basé sur le toit d’un des bâtiments de Cluse-Roseraie, au centre-ville. Rien de plus faux: quand il ne vole pas, le véhicule repose à Cointrin, où il dispose d’un hangar, de l’infrastructure nécessaire à son entretien et d’un accès aisé au kérosène.

Beaucoup croient savoir que ses équipages l’appellent le «poussin jaune». Faux également. Ce surnom, qu’un ancien pilote aurait jadis lâché trop rapidement à un journaliste, a été repris dans plusieurs articles de presse depuis.

Toujours prêt à décoller

En réalité, ses équipages n’apprécient pas ce qualificatif. S’il en fallait un, eux parleraient de «ZEN», ou de «HB-ZEN», son numéro d’immatriculation, voire de «Rega 15», son numéro d’appel puisqu’il est partenaire de la Rega. «Nous n’avons pas pu choisir HB (ndlr: l’indicatif de la Suisse pour les avions et les hélicoptères) et nous étions à la lettre Z pour les trois qui doivent suivre», indique Bertrand Tornay, chef de la base hélicoptère des HUG. «Nous nous sommes mis d’accord pour ZEN.»

Son teint jaune en fait un pionnier. En 2001, quand il a été acquis, son équipage a demandé de le peindre en jaune, ce qui a aussitôt été accepté par la direction. Un choix historique: depuis, de nombreux hélicoptères de sauvetage en Europe arborent la même couleur.

Depuis qu’il existe, HB-ZEN est toujours prêt à décoller. De jour, cinq minutes après une alarme, il doit être en l’air. De nuit, ses équipes décollent en moins d’une demi-heure. Les pilotes, médecins et le sauveteur professionnel (il y a toujours trois personnes par vol, en plus du patient) habitent tous dans les environs.

«Les HUG sont le seul hôpital en Suisse qui a un hélicoptère alors qu’il n’a pas d’ambulance», relève Nicolas de Saussure, porteparole des HUG. «Il s’agit aussi du seul exemple en Suisse où un hôpital et la Rega exploitent un hélicoptère en commun», indique-t-il.

La base hélicoptère emploie six personnes et collabore avec une quinzaine de médecins anesthésistes. Elle fait partie de la brigade sanitaire du Département de médecine communautaire, de premier recours et des urgences des HUG. L’appareil dispose de l’équipement nécessaire pour accueillir un patient des soins intensifs. Quand il est vide, ZEN ne pèse pas plus qu’une grosse voiture (1800 kg). Maximum autorisé au décollage: 2910 kg.

Du pisciniste à l’élagueur

La nature des missions peut varier. Du sauvetage en forêt aux interventions à Champel, ou quand aucune ambulance ordinaire n’est disponible ou n’est en mesure d’atteindre le patient. Une fois, ZEN et son treuil ont secouru un pisciniste qui avait fait un malaise sur le toit d’un immeuble au Grand-Saconnex (la piscine était sur le toit). Une autre fois, c’est un élagueur blessé par une branche à huit mètres du sol qui a été sauvé.

Sur demande de la police de la navigation, ZEN entreprend des missions de recherche et de sauvetage sur le Léman ou le long des cours d’eau. Près de vingt missions de ce type sont assumées par an.

Autre vol spécialisé, le transport de prématurés avec l’embarquement de l’isolette des HUG adaptée aux caractéristiques de l’hélicoptère. Elle permet la ventilation oscillatoire à haute fréquence qui garantit un traitement de façon ininterrompue pendant le transport. Pour ce type de transfert, un médecin et un infirmier du Service de néonatalogie montent à bord.

La Rega-HUG assure en outre des transferts rapides pour des transports d’organes d’un hôpital à un autre. «Un métier avec des pics de stress, confie Bertrand Tornay. Il peut ne rien se passer pendant un ou deux jours, puis tout à coup il faut intervenir sur plusieurs missions dans la même journée.»

C’est toujours la centrale 144 qui décide si la mission doit être médicalisée ou non. Elle détermine aussi s’il faut envoyer le SMUR en voiture ou l’hélicoptère. Le budget annuel de la base se monte à 1,5 million de francs. Elle effectue une moyenne de 421 missions par an. La minute de vol, en moyenne des tarifs de jour et de nuit, est facturée 87 francs. Ces tarifs ne couvrent pas les coûts, le reste est assuré par les HUG et le Canton, pour environ 500 000 francs par an, et la Rega.

Créé: 17.09.2018, 10h04

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