Un jeune Suisse radicalisé est sorti de prison

JusticeLe Ministère public de la Confédération confirme ce mercredi qu’un Genevois arrêté en juin à son retour de Turquie a été libéré.

Le jeune Suisse radicalisé avait été arrêté le 8 juin 2016 à l’aéroport de Zurich à son retour de Turquie (photo d'illustration).

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Un jeune Suisse radicalisé, A., parti il y a un an sur le chemin du djihad, arrêté six mois plus tard à son retour et placé en détention provisoire, est sorti de prison ce mercredi, ont appris la Tribune de Genève et le Tages-Anzeiger. Sa remise en liberté est conditionnée à des mesures judiciaires spéciales. Il revient au Canton de veiller à les mettre en œuvre. Autant dire que le Genevois de 21 ans va mettre les institutions à rude épreuve.

Le Ministère public de la Confédération (MPC) confirme ce matin par écrit: «Le prévenu arrêté le 8 juin 2016 à l’aéroport de Zurich à son retour de Turquie a été remis en liberté. Des mesures de substitution ont été ordonnées par le Tribunal des mesures de contrainte (TMC) compétent sur demande du MPC. Le non-respect de l’une ou plusieurs de ces mesures pourrait avoir pour conséquence la réincarcération immédiate du prévenu sous le régime de la détention provisoire.»

La procédure pénale reste ouverte contre A. Il lui est reproché d’avoir enfreint la loi fédérale interdisant les groupes Al-Qaida, Etat islamique et les organisations apparentées. Il est en outre prévenu de soutien, respectivement de participation à une organisation criminelle.

Pourquoi le libérer à ce stade de l’instruction? Le MPC rappelle le principe: «Les dispositions sur la procédure pénale suisse permettent d’ordonner, en lieu et place de la détention provisoire ou lors de la libération de détention provisoire d’un prévenu, des mesures de substitution, pour autant que lesdites mesures permettent d’atteindre le même but que la détention.» Par ailleurs, «ces mesures peuvent perdurer jusqu’à la clôture de l’instruction, soit lorsque la direction de la procédure estime l’instruction complète».

Le MPC n’en dit pas plus sur le type de mesures choisies dans le catalogue à disposition. Mais selon une source bien informée, A. a notamment l’obligation de se présenter régulièrement à un poste de police. Il a interdiction de quitter le canton, de contacter certaines de ses connaissances et de parler à des journalistes. Ses documents d’identité ont été confisqués. A. va en outre être le premier à bénéficier du projet pilote de suivi social présenté lundi par les autorités genevoises. Sur la base de son adhésion, il sera encadré par un éducateur. Un partenariat étroit entre les instances sécuritaires et éducatives est prévu.

Créé: 07.12.2016, 13h09

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