Les Kurdes de Suisse veulent punir Ankara

GenèvePlus de 200 Kurdes se sont réunis sur la Place des Nations à Genève vendredi. Ils demandent à Ignazio Cassis de sanctionner Ankara pour son offensive en Syrie.

Les manifestants demandent à l'ONU une zone d'exclusion aérienne dans le nord de la Syrie et de protéger les civils.
Vidéo: archive/Keystone

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Les Kurdes de Suisse demandent au conseiller fédéral Ignazio Cassis des sanctions contre la Turquie après l'offensive de celle-ci dans le nord-est de la Syrie. Entre 200 et 250 d'entre eux se sont réunis vendredi sur la Place des Nations à Genève.

Le Conseil fédéral devrait lancer des «sanctions économiques et diplomatiques», a affirmé à Keystone-ATS un responsable du Centre société démocratique des Kurdes en Suisse, Ramazan Baytar. La communauté kurde souhaite rencontrer M. Cassis et les parlementaires fédéraux.

L'une d'entre eux, la conseillère nationale Laurence Fehlmann Rielle (PS/GE), en veut également au chef de la diplomatie suisse. Face à une volonté de «nettoyage ethnique», «une condamnation n'est pas suffisante», a-t-elle dit devant les manifestants, qu'elle a appelés à faire pression sur les autorités fédérales.

Elle souhaite aussi que les pays européens, dont la Suisse, accueillent davantage de réfugiés syriens, alors que le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé d'en laisser passer des millions vers l'Europe. Outre la conseillère nationale, des représentants des Verts, de SolidaritéS et d'Ensemble à Gauche ont dénoncé l'offensive turque.

«Erdogan terroriste», scandaient de leur côté les Kurdes rassemblés. «Nous nous sommes battus pendant dix ans» contre les djihadistes et «nous nous battons désormais contre le vrai dirigeant de l'Etat islamique (EI)», a affirmé l'un d'entre eux en mentionnant le président turc.

Demande à l'ONU

Selon lui, les combattants kurdes se battent mieux que ce qu'en dit la Turquie. «Préparez-vous à une longue guerre», a-t-il expliqué en criant «vive la résistance des Forces démocratiques syriennes (FDS) et vive la résistance des YPG», la milice kurde ciblée par l'armée turque.

Les Kurdes ont à nouveau le sentiment d'être abandonnés par la communauté internationale, notamment par «la décision irresponsable» du président américain Donald Trump. «C'est une trahison des valeurs humaines et des valeurs occidentales», dit M. Baytar.

«Stop à l'invasion», affichait une banderole. Les manifestants demandent à l'ONU une zone d'exclusion aérienne dans le nord de la Syrie et de protéger les civils. Ils souhaitent une force de maintien de la paix le long de la frontière avec la Turquie et en appellent à une «intervention immédiate» de l'ONU. (ats/nxp)

Créé: 11.10.2019, 17h17

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